Le numérique s’est désormais imposé dans toutes les activités, aussi bien personnelles que professionnelles, à l’échelle du monde entier. Le digital conditionne de plus en plus nos modes de consommation, nos déplacements et nos métiers, mais aussi tout le système administratif. La révolution digitale en cours concerne en effet largement les services publics et les administrations, et les nouvelles technologies leur apportent des avantages considérables. De ce point de vue, la France fait figure d’exemple : notre pays est la 4ème nation mondiale en termes d’administrations en ligne et se classe même en 1ère position des pays européens !

Ce succès, cette évolution significative, mettent en lumière le rôle essentiel des collectivités. En plus de bénéficier de ces avantages technologiques, elles doivent aussi être un élément moteur dans cette transformation digitale afin d’équiper leurs territoires en infrastructures numériques.

Couvrir l’intégralité du territoire en Très Haut Débit d’ici 2022 afin d’éviter la fracture numérique
Dans cette optique, le plan Très Haut Débit (THD – pour un débit supérieur à 30 Mb/s), adopté par l’État au printemps 2013, a pour objectif de couvrir 100% du territoire en Très Haut Débit, dont 80% des logements français en réseaux fibre optique jusqu’à l’abonné (Fiber To The Home) d’ici 2022. Là où les opérateurs privés de Télécommunications jouent un rôle primordial dans le déploiement du Très Haut Débit dans les zones à très forte densité de population, ce sont les administrations et collectivités qui prennent le relais dans tout le reste de l’Hexagone. Les réseaux d’initiatives publiques se concentrent sur les zones semi-urbaines et rurales pour pallier l’absence d’investissements des opérateurs privés et ainsi éviter une fracture numérique sur leurs territoires. Et le chantier est en bonne voie : à date, 84 projets représentant 97 départements ont été déposés auprès de la mission France Très Haut Débit et ont obtenu un accord préalable de financement.

Ce chantier de taille, doté d’un Fonds national pour la Société Numérique (FSN) d’un budget global de 4,25 milliards d’euros (dont 2 milliards consacrés au développement des réseaux à Très Haut Débit), connaît une nouvelle accélération en ce début d’année 2016 : fin 2015, on comptait 900 000 prises haut débit connectées et le cap du million devrait même être dépassé sur l’année 2016. Si le rythme du million de prises construites par an est maintenu d’ici 2022, l’objectif fixé sur la partie réseaux d’initiatives publiques sera atteint.

Stimuler l’économie avec l’aide des collectivités
Les collectivités locales subissent des baisses de dotations et doivent investir à bon escient. Investir dans la THD est rentable d’après une étude du cabinet Arthur D. Little (*), car 1 euro investi dans les télécoms génère 6 euros de PIB supplémentaires.
Les collectivités, en investissant dans le déploiement du Très Haut Débit, ont bien cerné cet enjeu et visent une plus grande attractivité pour leur territoire, une fois que le projet aura abouti. Et cela paye : 6 000 emplois ont été créés en 2015 autour du secteur du déploiement de la fibre optique et des réseaux numériques sur les zones d’initiatives publiques, contre moins de 3 000 en 2012. Mieux, pour 2016, les prévisions tablent sur un chiffre dépassant la barre des 9 000 emplois créés.

Des territoires attractifs et compétitifs
Le déploiement de la fibre optique (Fiber To The Home) permet aux zones rurales d’accéder au Très Haut Débit, facteur de développement indispensable au territoire.
S’il fallait faire une comparaison, la fibre optique va représenter, aujourd’hui et demain, ce qu’étaient l’eau, l’électricité, les routes aux 19e et 20e siècles : une priorité absolue pour structurer et développer les territoires et les rendre attractifs.

Grâce à l’action des collectivités dans cette transformation digitale, les particuliers, les établissements hospitaliers et scolaires, ou encore les entreprises, bénéficieront d’un accès au numérique identique aux grandes villes. C’est un levier majeur pour réduire la fracture numérique entre les territoires.

A titre d’illustration, dans un contexte de vieillissement de la population, le Très Haut Débit est indispensable à la généralisation de solutions domotiques qui s’appuient sur les objets connectés. Citons la télésurveillance, la régularisation de la température ou encore la gestion de maladies chroniques. La télémédecine est un autre bon exemple, car elle prend toute son importance à travers le développement de services innovants, tels la chirurgie assistée par ordinateurs ou la consultation et le suivi médical à distance.

Quant à l’éducation, le Très Haut Débit s’exprimera grâce aux cartables numériques, aux contenus pédagogiques en ligne, aux MOOC (Massive Open Online Course – les cours en ligne), ou encore les modules de formation à distance.
Enfin, le Très Haut Débit permettra de favoriser l’accès à la culture, grâce aux visites virtuelles notamment, et aux divertissements.

L’infrastructure de télécommunications sera un élément déterminant de l’attractivité et de la compétitivité des territoires. L’avenir économique d’un territoire étant étroitement lié à la réussite de son activité numérique, les efforts mis en œuvre par les collectivités et administrations françaises méritent d’être davantage mis en lumière.

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David Lammens est Directeur Axians en charge des Collectivités

(*) 2014, Étude Arthur D. Little avec l’université suédoise Chalmers