À peine auréolée d’une valorisation de 965 milliards de dollars, la maison de Claude, Anthropic, dépose un dossier S-1 confidentiel auprès de la SEC. Et grille la politesse à OpenAI dans la course à l’IPO.
On pensait qu’OpenAI serait la première à officialiser sa quête d’une introduction en bourse après sa victoire face à Elon Musk et alors que son concurrent Anthropic annonçait une levée XXL en Série H. Surprise, c’est pourtant bien cette dernière qui dépose en premier un dossier en vue d’une introduction en bourse.
Quelques jours seulement après avoir bouclé un tour de table de 65 milliards de dollars qui propulse sa valorisation à 965 milliards et la fait passer devant les 852 milliards d’OpenAI – jusqu’ici record absolu pour une société non cotée -, l’éditeur de Claude a transmis en toute discrétion un projet de déclaration d’enregistrement (le fameux formulaire S-1) au gendarme boursier américain.
Anthropic se donne ainsi l’option d’entrer en Bourse une fois l’examen de la SEC terminé. Rien n’est encore gravé dans le marbre – ni le prix de l’action, ni le nombre de titres mis sur le marché – et tout dépendra des conditions de marché. Mais le calendrier, lui, parle de lui-même : en dégainant son dossier avant OpenAI et SpaceX, eux aussi pressentis pour une cotation cette année, Anthropic s’offre le luxe de mener la danse !
Trois IPO monumentales… et risquées
Et prendre de l’avance est plutôt une bonne idée à un moment où nombre d’investisseurs s’interrogent sur la capacité du marché boursier à absorber la même année trois introductions monumentales. Et risquées. Car, SpaceX, Anthropic et OpenAI partagent une même équation : une valorisation stratosphérique posée sur des pertes abyssales.
Anthropic a le vent en poupe
Plutôt que d’attendre la rentrée, Anthropic veut profiter du climat qui a clairement tourné en sa faveur avec le succès de Claude Code, de Claude Cowork, la sortie récente de son excellent modèle Claude Opus 4.8 et bien évidemment le choc médiatique engendré par son modèle cyber « Mythos Preview ». Autant d’atouts qui ont fait basculer le récit en faveur d’Anthropic et redessiné, en quelques mois, une hiérarchie que l’on croyait acquise à OpenAI.
Reste l’épreuve de vérité. Déposer un dossier confidentiel, c’est gagner du temps ; le rendre public, c’est accepter de tout montrer. Le jour où le S-1 sortira de l’ombre, Anthropic devra étaler ses comptes réels – chiffre d’affaires, marges et pertes comprises – et offrir le premier vrai coup d’œil derrière le rideau d’un secteur jusqu’ici remarquablement avare de transparence. À 965 milliards de dollars, l’entreprise n’a plus droit à l’erreur : la Bourse, elle, ne se paie pas de promesses.
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