Pour les DSI, le cloud n’est plus seulement un levier d’agilité : c’est aussi un enjeu de gouvernance, de maîtrise des coûts et de simplification opérationnelle.
Face à l’empilement des outils et à la complexité croissante des environnements, le platform engineering s’impose comme une nouvelle réponse.
Pour décrypter cette évolution stratégique. Benjamin Brial, fondateur et PDG de Cycloid est notre invité de la semaine.
Le cloud a changé d’échelle. Ce qui devait apporter vitesse, souplesse et capacité d’innovation a aussi fait émerger de nouveaux défis pour les DSI : prolifération des outils, automatisations éclatées, complexité du multi-cloud, dépendance technologique et pression grandissante sur les budgets. Dans de nombreuses organisations, la question n’est donc plus seulement de déployer plus vite, mais de reprendre la main sur une infrastructure devenue aussi critique que complexe.
C’est tout l’enjeu du passage du DevOps au platform engineering. Derrière cette évolution, une ambition émerge : celle de redonner de la cohérence à la chaîne de production IT en offrant davantage d’autonomie aux développeurs grâce au self-service mais aussi en renforçant parallèlement la gouvernance, la sécurité, le pilotage des coûts et en redonnant le contrôle aux équipes Ops. Autrement dit, industrialiser sans rigidifier, accélérer sans perdre le contrôle.
Pour éclairer ce virage, Guy Hervier reçoit Benjamin Brial, fondateur et PDG de Cycloid. L’entreprise française s’est imposée dans l’écosystème du cloud et de l’automatisation avec une plateforme pensée pour orchestrer l’infrastructure, simplifier les opérations et limiter le chaos outillé qui accompagne souvent la transformation cloud. GitOps, Infrastructure as Code, maîtrise du multi-cloud, lutte contre le vendor lock-in, intégration du FinOps : Cycloid porte une vision très concrète des nouveaux équilibres que recherchent aujourd’hui les DSI.
Au fil de l’entretien, Benjamin Brial défend une idéesimple : le platform engineering ne consiste pas à ajouter une couche d’outils de plus, mais à remettre du cadre dans des systèmes d’information devenus trop dispersés. L’objectif est de mieux faire collaborer développeurs et équipes Ops, tout en réduisant la friction opérationnelle. Il le résume par un indicateur très concret : « 7 tickets sur 10 passaient par la plateforme au lieu d’être adressés par mes équipes DevOps. »
La promesse de Cycloid repose aussi sur la réversibilité : « Toutes les briques qu’on embarque dans Cycloïd sont open source pour assurer la réversibilité et éviter le vendeur lock-in de nos clients. »
L’autre message concerne la maîtrise économique du cloud. Dans un contexte de hausse continue des coûts d’infrastructure, Benjamin Brial plaide pour un pilotage beaucoup plus en amont des usages : « Le FinOps et le GreenOps doivent être intégrés dans le cycle de vie de la gestion des infrastructures. »
Pour lui, la bonne gouvernance passe par un cadre clair, partagé et industrialisé : « On met une autoroute. Personne ne dépasse cette autoroute. »
Même l’IA est abordée sous cet angle : utile, oui, mais comme levier d’efficacité, pas comme abandon du contrôle. « Je vois ça comme une accélération, une optimisation de nos process de développement » explique notre invité.
Contrôle, efficacité et liberté : trois priorités devenues centrales pour les directions informatiques à l’heure d’un cloud omniprésent, mais plus exigeant que jamais. Et c’est bien ce que rappelle cet entretien : reprendre le contrôle de son infrastructure cloud n’est plus un sujet technique secondaire, mais une question stratégique pour les DSI.





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