Un nouveau rapport VMware met en lumière l’accélération de l’adoption de Kubernetes dans les entreprises. Un rapport qui éclaire également certaines réalités quant aux bénéfices attendus et aux freins rencontrés.

Le rapport « The State of Kubernetes 2020 » publié par VMware confirme que, bien que Kubernetes soit une technologie encore très jeune (née il y a moins de 5 ans), ses déploiements en production sont déjà très importants : 59% des responsables IT interrogés ont ainsi déjà déployé Kubernetes en production. Parmi eux, 33% opèrent au moins 26 clusters (20% opèrent plus de 50 clusters), démontrant que cette mise en production s’est aussi faite de façon assez massive dans certaines grandes entreprises même si, au final, 57% des IT ayant déployé Kubernetes opèrent actuellement moins de 10 clusters.
Surtout, 60% des IT ayant déployé Kubernetes exécutent encore moins de la moitié de leurs workloads containerisés sur des clusters Kubernetes. Prouvant ainsi que, oui, Kubernetes connaît une adoption assez phénoménale mais reste une technologie naissante et que sa marge d’évolution reste conséquente.

Un déploiement sur site en priorité

Ces déploiements se sont majoritairement réalisés sur site avec 64% des IT ayant déployé Kubernetes « on premises », 42% des IT l’ayant déployé sur un cloud public et 31% l’ayant déployé sur plus d’un cloud public.

L’étude ne précise toutefois pas le type de déploiement dans les clouds ni si les entreprises ont, sur ces clouds publics, préféré les offres KaaS (Kubernetes as a Service) mises à leur disposition à des approches différentes (extension de leur infrastructure interne, déploiement sur du IaaS, etc.).

De même, alors que l’étude montre que moins de la moitié des Workloads containerisés tournent sur Kubernetes, elle n’indique pas la quantité de ces Workloads « non Kubernétisés » à s’exécuter dans les clouds. Rappelons que les grands opérateurs de nuages publics proposent en effet d’autres services d’exécution de containers avec une approche extrêmement « serverless » à l’instar de Fargate chez AWS et d’ACS (Azure Container Service) chez Microsoft. Avec de tels services, les développeurs n’ont simplement qu’à y déposer leurs conteneurs d’un seul clic pour les voir s’exécuter avec un paiement à l’usage et sans autre préoccupation d’infrastructure sous-jacente.

L’humain avant la technologie

L’un des apports les plus intéressants de l’étude porte sur ceux qui, au final, détiennent la décision d’implémenter Kubernetes et sur leurs motivations.
Le rapport révèle ainsi que 38% des « decision-makers » autour de l’adoption de Kubernetes sont les équipes de développeurs. Ces dernières sont
Cependant, le choix de Kubernetes est aussi un choix IT et l’impact des équipes opérationnelles dans son adoption est à peu près équivalent à celui des équipes de développement.

Pas étonnant, dès lors, que chacun veuille avoir droit au chapitre quant au choix de la distribution. Ce dernier est au final la résultante d’une concertation de plusieurs équipes dans 83% du temps. Pour autant ce choix n’est pas toujours trivial : 40% des répondants évoquent en effet un manque « d’alignement interne » qui transforme la sélection d’une distribution en un vrai challenge, une vraie difficulté à surmonter, les priorités et préférences des développeurs n’étant pas nécessairement celles des équipes opérationnelles.

Cette adoption voulue à la fois par les développeurs et les opérationnels IT n’est pas surprenante quand on regarde de près les bénéfices attendus par les entreprises quant à cette adoption de Kubernetes. Les deux premiers sont une amélioration de l’utilisation des ressources (une pure problématique opérationnelle) et un raccourcissement des cycles de développement (une problématique métier et développeurs). Étrangement, la migration vers le cloud n’arrive qu’en quatrième position avec 42% des répondants ayant coché cette raison, derrière les besoins de containeriser les applications monolithiques (et se passer des VMs).

Rendre Kubernetes transparent

Comme souvent, notamment dans le cadre d’une technologie aussi nouvelle et disruptive, le manque d’expérience et d’expertise interne constitue le premier obstacle à la mise en œuvre de Kubernetes pour 70% des personnes interrogées. Pas étonnant, dès lors, que la « simplicité d’utilisation » soit aujourd’hui le premier critère de sélection d’une solution Kubernetes.


Bien évidemment, on peut suspecter VMware de prêcher ici pour sa paroisse. Toute la nouvelle stratégie de l’entreprise avec vSphere 7 est en effet d’embarquer Kubernetes au cœur même de sa plateforme et d’offrir aux IT des outils de gestion des conteneurs en droite ligne de ce qu’il connaisse et maîtrise déjà autour des VMs. Une telle intégration est effectivement un vecteur de simplicité sur lequel VMware compte beaucoup pour résister à l’impact crucial que la nouvelle infrastructure d’orchestration des containers pose à son Business.
Mais on retrouve la même volonté de simplification à l’extrême de l’implémentation et de la gestion de Kubernetes chez Nutanix (avec Karbon), chez Red Hat (avec OpenShift), chez Rancher, chez Mirantis et bien sûr chez Google avec Anthos : dans tous les cas, les solutions proposées cherchent de plus en plus à masquer la complexité de la plateforme Kubernetes afin de la rendre totalement transparente aux développeurs et le plus simple possible à administrer pour les équipes IT.

Dès lors une réalité transparaît : les entreprises n’ont pas nécessairement intérêt à investir (notamment à long terme) dans des compétences Kubernetes en interne car la plateforme est en train de disparaître derrière des couches d’abstraction et les solutions ‘clés en main’ d’acteurs spécialistes du cloud et des infrastructures.


Source : The State of Kubernetes 2020, by VMware