Après l’élan de Claude Code, Anthropic décline l’autonomie de son IA agentique vers les métiers non techniques avec Cowork. Donnez lun dossier à l’IA et elle range, renomme, synthétise et produit des livrables comme un collègue infatigable. Avec Cowork, Anthropic veut mettre l’agentique dans les mains de tous, pas seulement des devs.
L’idée d’un agent capable d’interagir directement avec un ordinateur n’est pas si nouvelle : des 2023 des prototypes exploratoires ont montré qu’un modèle pouvait, au-delà de la simple conversation, exécuter des actions concrètes sur des fichiers et des environnements locaux. Anthropic est même l’un des pionniers du domaine avec l’introduction il y a deux ans de son expérimentation « Computer Use » qui fera de nombreuses émules. Elle a posé les bases conceptuelles d’agents dotés d’une plus grande autonomie, capables de planifier et d’enchaîner des étapes pour accomplir une tâche donnée sans supervision constante.
Et ce terreau expérimental a rapidement trouvé une traduction produit avec Claude Code, lancé initialement comme outil en ligne de commande dédié aux développeurs. En quelques mois, Claude Code a dépassé son rôle strictement technique de producteur de code pour devenir un instrument d’ingénierie logicielle utilisé bien au‑delà des développeurs : il a servi à automatiser bien des tâches de développement, de tests, de déploiement et même au-delà de gestion de fichiers, d’analyse de médias et même de synthèse de conversations. Sa popularité a poussé Anthropic à multiplier les interfaces Web et intégrations autour de ce noyau agentique. Au point que Claude Code est désormais perçu par tous les devs de la planète comme un outil magique qui leur fait gagner un temps de folie. Face à l’extrême popularité de la solution notamment sur les réseaux sociaux, les médias américains parlent désormais d’un « moment Claude Code » comme il y a eu un « moment ChatGPT » début 2023.
De Claude Code à Cowork : une évolution naturelle
L’usage massif de Claude Code par les développeurs y compris pour des tâches non techniques a inspiré Anthropic et donné naissance à une version plus accessible. Plutôt que d’exiger des environnements de développement ou des commandes en ligne, l’idée était de proposer une expérience qui ressemble davantage à confier un dossier à un collègue : déposer des documents, définir un objectif, puis laisser l’agent organiser, synthétiser et produire des livrables. Cette logique de démocratisation et d’interface plus simple a guidé la naissance de « Cowork », une nouvelle solution IA agentique conçue pour rendre les mêmes pouvoirs que Claude Code accessibles à des utilisateurs non‑techniques tout en conservant la puissance d’automatisation.
Cowork est donc une sorte de Claude Code pensé « pour le reste du travail », autrement dit tout ce qui n’est pas développement. « Dans Cowork, vous donnez à Claude l’accès à un dossier de votre choix sur votre ordinateur. Claude peut alors lire, modifier ou créer des fichiers dans ce dossier. Il peut, par exemple, réorganiser vos téléchargements en triant et renommant chaque fichier, créer un nouveau tableau Excel avec une liste des dépenses à partir d’une pile de captures d’écran, ou produire un premier brouillon de rapport à partir de vos notes éparpillées » explique Anthropic.
Cowork est construit sur les mêmes fondations techniques de Claude Code et peut assumer de nombreuses tâches similaires, mais sous une forme plus accessible et pour des tâches qui n’ont rien à voir avec le développement.
La vidéo ci-dessous montre comment on peut demander à Claude de réordonner ses fichiers et le bureau macOS.
Sécurité et limites : précautions à prendre
Anthropic rappelle que donner plus de capacité agentique à un modèle comporte des risques. Cowork peut, si on le lui demande de façon ambiguë, effectuer des actions potentiellement destructrices comme la suppression de fichiers, et il existe une vulnérabilité connue dite de « prompt injection » où du contenu malveillant pourrait tenter d’altérer les plans de l’agent. L’entreprise affirme avoir renforcé Claude contre ces attaques, mais reconnaît que la sécurisation des agents qui agissent dans le monde réel reste un chantier actif pour l’ensemble du secteur.
Déploiement et accès initial
Cowork est lancé en preview de recherche et n’est pour l’instant disponible qu’aux abonnés à la très onéreuse formule « Claude Max » et uniquement via l’application macOS. Son accès devrait s’ouvrir progressivement à Windows et à d’autres formules d’abonnement. Anthropic indique vouloir itérer rapidement à partir des retours des premiers utilisateurs, en ajoutant notamment la synchronisation multi‑appareilss et des améliorations de sécurité au fil du temps. Cette mise en circulation contrôlée s’inscrit dans une stratégie plus large d’Anthropic visant à expérimenter et à faire évoluer des produits issus de ses laboratoires internes avant de les généraliser.
Anthropic annonce ses « Anthropic Labs »
Car la sortie de Cowork s’inscrit dans une dynamique d’incubation et de mise à l’échelle que l’entreprise formalise désormais via une nouvelle entité « Anthropic Labs », une structure dédiée à l’expérimentation produit. Labs a déjà servi de berceau à Claude Code, au protocole Model Context Protocol et à d’autres extensions comme les connectors et les skills. Elle se formalise davantage pour satisfaire aux besoins d’innovation rapide dans un contexte de très forte compétition entre OpenAI, Google, Microsoft et Meta (qui bien de s’offrir Magnus). L’entité vise à expérimenter de nouvelles solutions et simplifier ensuite la conversion de prototypes puissants en outils utilisables par un public plus large, tout en cherchant à maintenir des garde‑fous opérationnels et réglementaires.
Avec Cowork, Anthropic surfe donc sur son « moment Claude Code » pour mettre le potentiel de l’IA agentique généraliste entre les mains d’un plus grand nombre d’utilisateurs afin de les aider à résoudre leurs défis du quotidien. Son lancement en preview marque le début d’une phase d’apprentissage collectif pour les DSI, les entreprises et les collaborateurs où la promesse d’efficacité devra être équilibrée par une vigilance continue sur la sécurité et la clarté des instructions données à l’agent (donc une bonne formation des utilisateurs). Autrement dit, en ce début d’année 2026, les utilisateurs de Claude AI vont vraiment commencer à découvrir et s’approprier le réel potentiel de l’IA agentique. Voilà qui promet d’être assez Rock’n Roll !
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