Microsoft Store modernise l’expérience développeur et lance le Store CLI pour découvrir, installer et mettre à jour des apps depuis la ligne de commande.

Microsoft a annoncé cette semaine une série d’améliorations destinées aux développeurs sur le Microsoft Store, allant d’analyses plus précises et utiles à des améliorations majeures du web installer. L’éditeur poursuit sa longue quête de reconquête des développeurs et semble enfin avoir trouvé la bonne formule et le rythme de croisière pour faire du Microsoft Store la principale source d’approvisionnement en logiciels des utilisateurs Windows. La bonne formule aura été longue à trouver parce qu’il ne s’agit pas que de simplifier la vie des utilisateurs Windows mais également celle des développeurs qui publient leurs Apps dans le Store.
Les annonces de la semaine ne s’adressent qu’à ces derniers ainsi qu’aux « IT ops » (administrateurs Windows, etc.). Et la nouveauté qui attire le plus l’attention est l’arrivée d’une interface en ligne de commande dédiée au Store. Cette app « Store CLI » permet de parcourir le catalogue, d’installer et de mettre à jour des applications directement depuis un terminal, sans passer par l’interface graphique.

Ce que fait concrètement le Store CLI

La CLI propose des commandes pour parcourir le Store (par catégorie, type de classement, marché ou langue), installer une application via son identifiant produit et mettre à jour des applications spécifiques ou l’ensemble des mises à jour disponibles. Microsoft présente ces fonctions comme un moyen d’apporter découverte et gestion d’apps au terminal, sur les machines où le Store est activé.

Dit autrement, Microsoft fait en sorte que le Store s’aligne sur les habitudes de celles et ceux qui vivent déjà dans un Shell et veulent que l’installation d’un outil soit un geste aussi simple qu’un « git clone » ou un « npm install ». Microsoft présente l’approche comme une manière de faire de la découverte, de l’installation et de la gestion des mises à jour “sans avoir besoin du GUI”, directement dans le terminal.

Un bémol à connaître toutefois : La Store CLI n’est disponible que sur les appareils où le Microsoft Store est activé. En clair, si l’entreprise a désactivé le Store via ses politiques, la promesse de cette voie rapide depuis le terminal ne s’applique pas.

Pourquoi un tel retour au CLI ?

Et cette annonce soulève très probablement deux questions aux lecteurs informés que vous êtes. Et nous allons essayer d’y répondre.

La première est bien entendu « Pourquoi remettre la ligne de commande au centre sur un OS qui a longtemps été associé au “tout graphique” ? »
Bonne question ! Bravo ! La réponse est moins idéologique que pragmatique. Depuis quelques années déjà, une partie croissante des développeurs et des profils “ops” sur Windows a basculé vers des workflows command-line, parce que c’est là que se jouent l’automatisation, la traçabilité et la vitesse d’exécution. En outre dans un monde d’IA agentique, la présence de tels outils CLI simplifient le passage à l’action des IA.

Microsoft a commencé à accompagner ce mouvement dès 2019 sur Windows 10 en modernisant l’expérience terminal avec son nouveau et excellent (et open source) Windows Terminal, pensé dès l’origine comme un terminal “moderne” pour PowerShell, l’invite de commandes et WSL. Cette même dynamique se retrouve dans WSL, qui permet d’exécuter un environnement GNU/Linux et ses outils en ligne de commande directement sous Windows, sans passer par une VM traditionnelle.

Seconde question qui vous brûle les lèvres : « Store CLI ne fait il pas double emploi avec WinGet ? ». Question pertinente ! Car Windows dispose en effet déjà d’un outil CLI d’installation/mise à jour des logiciels, connecté au Store : WinGet. Annoncé en 2020, WinGet est un gestionnaire de « packages » en ligne de commande conçu pour automatiser l’installation et la maintenance d’applications Windows. Or cet outil dispose d’une source « store » qui fait clairement double emploi avec les fonctions d’installation/MaJ de Store CLI.
La différence, telle que Microsoft la présente, tient surtout au positionnement différent des deux outils. Store CLI est pensée comme une télécommande du Store dans le terminal, avec une logique plus “catalogue” et des commandes de navigation (browse) par catégories et listes, puis installation et mise à jour via le product-id, avec en plus une dépendance explicite au fait que le Store soit activé sur la machine.
WinGet n’a pas cette dépendance et se veut un couteau-suisse multi-sources adressant un spectre d’applications bien plus large que le store.

Les autres annonces pour les développeurs

Parallèlement, Microsoft a renforcé les rapports d’analyse du Partner Center (la face cachée du Store, l’interface côté Devs) en ajoutant des tableaux de bord consolidés et des alertes d’anomalie pour la santé des applications, afin d’aider les équipes à détecter et investiguer plus rapidement des régressions de stabilité.
Le web installer a aussi été amélioré pour mieux prendre en charge les scénarios d’entreprise et permettre l’ouverture automatique d’applications Win32 après installation, ce qui vise à réduire les frictions côté utilisateur et administrateur.

Pour les développeurs, ces évolutions représentent une meilleure visibilité sur la santé et l’usage des applications, des parcours d’installation plus fiables et une nouvelle porte d’entrée pour la distribution via la ligne de commande. Pour les administrateurs et les utilisateurs avancés, le Store CLI promet d’intégrer la découverte et la gestion d’apps dans des scripts et des pipelines d’automatisation, réduisant les frictions opérationnelles.

L’annonce du Store CLI confirme le grand retour de la ligne de commande sur Windows, non pas comme relique du passé, mais comme une composante essentielle d’un écosystème où automatisation, rapidité et contrôle sont devenus des exigences à l’ère de l’IA agentique. Pour les Devs et les Ops, ma CLI demeure l’interface la plus efficace, la plus industrialisable et la plus cohérente avec des pratiques multi-OS.

Au final, la Store CLI est un signal très intéressant et nouveau. Microsoft ne se contente plus d’améliorer le Store pour “faire joli” ou pour gagner quelques points de conversion. Il cherche aussi désormais à faire du Store un composant intégrable dans des workflows d’outillage, donc compatible avec la culture d’automatisation qui s’est imposée dans le développement moderne.

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