Quelques semaines après son rachat par Meta pour 2 milliards de dollars, Manus revient en Une de l’actualité IA. Avec Manus Agents, la startup singapourienne propulse son agent IA au cœur des applications de messagerie, à commencer par Telegram. Et ce n’est que le début.

Quand Manus a fait irruption sur la scène de l’IA en mars 2025, la startup singapourienne Butterfly Effect a immédiatement fait parler d’elle. Son ambition : construire un agent IA généraliste et autonome, capable d’exécuter des tâches complexes de bout en bout (recherche approfondie, analyse de données, génération de documents, automatisation de workflows) sans supervision humaine permanente. Une approche pionnière depuis copiée par OpenClaw, Claude Cowork, etc. En quelques mois, la plateforme traitait plus de 147 000 milliards de tokens et alimentait la création de plus de 80 millions d’ordinateurs virtuels. Un succès qui n’a pas échappé à Mark Zuckerberg.

Fin décembre 2025, Meta bouclait l’acquisition de Manus pour un montant estimé à 2 milliards de dollars, signalant clairement que la guerre de l’IA agentique était désormais un enjeu stratégique de premier plan pour Meta comme pour tout l’écosystème de l’IA.

Pourquoi Manus Agents change la donne

Cette semaine, Manus a annoncé Manus Agents, une fonctionnalité qui fait sortir l’agent IA de son interface web pour l’intégrer directement dans les applications de messagerie du quotidien. Le premier canal supporté n’est autre que Telegram. C’est quand même une surprise pour une filiale de Meta (maison mère de WhatsApp et Messenger) qui montre que la jeune pousse malgré son rachat conserve encore un peu d’autonomie (ou c’est une manière de caresser dans le sens du poil les autorités réglementaires chinoises qui évaluent encore ce rachat). L’ensemble des abonnés Manus, tous niveaux de souscription confondus, y ont accès dès aujourd’hui.

Le concept d’agent IA personnel intégré au chat n’est certes pas nouveau et la saga OpenClaw/Moltbot a, notamment, suscité beaucoup d’intérêt ces dernières semaines. Et Microsoft vient également d’introduire de l’agentification dans Teams. Mais la réalité est que la plupart de ces solutions exigent une configuration complexe, une maintenance régulière et génèrent des coûts imprévisibles. Des contraintes qui les réservent de facto à un public de technophiles avertis. Manus Agents prend le contre-pied de cette approche en misant sur une simplicité radicale : il suffit d’ouvrir l’onglet Agents dans l’espace de travail Manus, de scanner un QR code, et l’agent est opérationnel dans Telegram en moins d’une minute. Ni ligne de commande, ni fichier de configuration, ni token API.

Un agent complet au cœur du quotidien

L’équipe de Manus insiste sur un point fondamental : il ne s’agit pas d’un chatbot simplifié greffé sur une messagerie. « Ce n’est pas un add-on chatbot léger. C’est le même Manus, avec son raisonnement complet, ses outils et son exécution de tâches en plusieurs étapes, désormais disponible dans le chat », précise la startup dans son billet de blog officiel.

Concrètement, l’agent Telegram dispose de l’ensemble des capacités de la plateforme web. Les utilisateurs peuvent lui soumettre des tâches complexes en langage naturel : synthèse de PDF, analyse de tableurs, transcription de messages vocaux, extraction d’insights à partir de documents, rédaction de rapports structurés, génération d’images, voire débogage de code. L’agent accepte les fichiers, les photos et les messages vocaux, qu’il transcrit et interprète automatiquement avant d’agir. Une seule requête dans le chat peut déclencher en coulisses une chaîne complète de recherche, d’exécution de code, de génération documentaire et de livraison du résultat, le tout dans le même fil de conversation.

Côté personnalisation, les utilisateurs peuvent définir le ton des réponses (concis, structuré ou conversationnel) et choisir entre deux modèles selon la complexité de la tâche : Manus 1.6 Max, optimisé pour le raisonnement approfondi et les travaux créatifs, et Manus 1.6 Lite, privilégiant la rapidité pour les questions simples et les résumés.

Sur le volet confidentialité, Manus se veut rassurant : l’agent n’a accès qu’aux messages qui lui sont directement adressés dans le chat privé. Il ne peut ni voir, ni lire, ni interagir avec les autres conversations, groupes ou contacts de l’utilisateur sur Telegram.

Meta commence à installer Manus… partout !

Reste que Manus Agents ne se limitera pas à Télégram. Un déploiement accéléré est attendu au cours des 30 prochains jours avec l’arrivée du support de WhatsApp, LINE, Slack et Discord. Des applications natives Windows et Mac sont également prévues, avec à terme la capacité pour l’agent d’opérer directement les PC des utilisateurs.

Parallèlement à cette offensive sur les messageries, Meta pousse aussi l’intégration de Manus dans son écosystème publicitaire. Certains annonceurs ont commencé à voir apparaître un pop-up Manus directement dans Ads Manager, les informant qu’ils peuvent désormais utiliser les capacités de l’agent IA depuis la section « Tools » de la plateforme. Manus y est présenté comme un « nouvel assistant de travail IA » conçu pour automatiser l’analyse de données, la génération de rapports et d’insights de campagne.

Ce positionnement illustre parfaitement la vision de Mark Zuckerberg, telle qu’il l’a exprimée lors de l’appel investisseurs du quatrième trimestre : « Nous commençons à voir la promesse d’une IA qui comprend notre contexte personnel, y compris notre historique, nos intérêts, nos contenus et nos relations. Ce qui donne sa valeur aux agents, c’est le contexte unique auquel ils ont accès. »
Meta prévoit d’investir entre 115 et 135 milliards de dollars en dépenses d’investissement en 2026, contre 72 milliards en 2025, un doublement qui en dit long sur les ambitions du groupe dans l’IA agentique.

En intégrant Manus directement dans les messageries et ses outils business, Meta rappelle que l’avenir de l’IA n’est pas un chatbot qui répond aux questions, mais un agent autonome qui exécute le travail. Preuve supplémentaire de l’arrivée imminente d’agents IA capables de s’insérer nativement dans les outils de communication et de productivité des entreprises et potentiellement de transformer en profondeur les workflows métier sur les 2 milliards d’utilisateurs WhatsApp et les millions de PME qui utilisent déjà les plateformes Meta au quotidien.

 

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