OpenAI étend enfin à Windows 11 les deux fonctions jusqu’ici réservées au Mac : le contrôle direct de l’ordinateur (Computer Use) et le pilotage à distance depuis l’application mobile ChatGPT. De quoi transformer le poste de travail en agent permanent et généraliste. Mais l’Europe doit encore attendre…

Avant de devenir une vedette de l’IA agentique, Codex n’était qu’un modèle. Lancé par OpenAI en 2021, c’était un dérivé de GPT-3 entraîné sur des milliards de lignes de code, capable de traduire une instruction en langage naturel en code fonctionnel. Il a notamment propulsé la première version de GitHub Copilot avant d’être discrètement retiré en 2023. Le nom est réapparu en mai 2025, mais sous une forme radicalement différente : non plus un modèle, mais un agent logiciel autonome dans le cloud, capable d’écrire des fonctionnalités, corriger des bugs et proposer des correctifs.

Depuis, Codex n’a cessé de s’étendre : interface en ligne via ChatGPT, CLI open source pour le terminal, extensions pour les IDE, applications de bureau, puis application mobile. Quatre millions de développeurs l’utilisent désormais chaque semaine, et OpenAI le positionne comme bien plus qu’un assistant : un véritable opérateur capable d’agir sur la machine.

Au fil des évolutions, Codex a étendu son champ d’usages au-delà du code pour devenir la réponse d’OpenAI à Claude Cowork et s’imposer en solution agentique généraliste.

Cette montée en puissance s’est faite à plusieurs vitesses selon les plateformes. La version Web, intégrée à ChatGPT, délègue les tâches à un environnement isolé dans le cloud qui travaille de façon asynchrone.

La version Mac, sortie en avril, a été la première à recevoir le Computer Use, permettant à l’agent de contrôler l’ordinateur avec son propre curseur, y compris des applications dépourvues d’API.

La version Windows, elle, restait jusqu’ici cantonnée à une logique « code et terminal » : lecture de projet, édition de fichiers, exécution de tests, le tout dans un bac à sable. Un retard d’autant plus paradoxal que Windows demeure le système quotidien de l’immense majorité des développeurs et des services informatiques en entreprise. Mais OpenAI semblait rencontrer des difficultés d’implémentation. Ces difficultés sont aujourd’hui résolues.

Le Computer Use débarque enfin sur Windows, pas en France

La fonction Computer Use, c’est précisément ce qui fait basculer Codex du statut de copilote à celui d’exécutant. Plutôt que de se limiter au code, l’agent « voit » ce qui s’affiche à l’écran, clique sur les boutons et saisit du texte pour accomplir une tâche. OpenAI a annoncé ce week-end l’arrivée de cette fonction sur Windows 11, via la version 26.527 de l’application Codex distribuée sur le Microsoft Store.

Une fois la fonction activée dans les réglages, il suffit d’invoquer @computer ou une application précise (comme @Paint) pour confier une tâche à l’agent. Nuance technique notable : sur Windows, le Computer Use s’exécute au premier plan, l’agent prenant la main sur l’écran visible, là où la version Mac travaillait en arrière-plan sans monopoliser le poste.
Sur Windows, Codex peut désormais tester des applications, dérouler et déboguer des parcours complets, puis vérifier le résultat là où vit le contexte du projet. Imaginez un développeur qui lui confie une fonctionnalité fraîchement codée : Codex lance lui-même l’exécutable, clique dans l’interface, saisit des valeurs dans un formulaire et constate de visu qu’un bouton ne réagit pas comme prévu, exactement comme le ferait un testeur. Il peut reproduire pas à pas un bug signalé par un utilisateur, contrôler le rendu visuel d’une fenêtre, ou encore piloter un logiciel métier ancien et dépourvu d’API, qu’aucune intégration classique n’aurait pu automatiser.

Sauf que l’Europe (la France y compris) devra attendre. Sur MacOS, comme sur Windows, le mode Computer Use de Codex n’est pas accessible (la fonction apparait dans le paramétrage mais les paramètres sont tous grisés et une alerte signale l’indisponibilité dans la zone UE).

L’autre nouveauté, disponible en France et en Europe elle, concerne la mobilité. L’application ChatGPT sur iPhone et Android peut désormais lancer du travail sur Codex pour Windows, suivre et orienter les tâches à distance pendant que le PC continue de travailler. OpenAI a par ailleurs enrichi la section Profil de l’application avec les détails du compte, les statistiques d’usage et l’activité des jetons.

Au-delà de l’effet rattrapage, cette mise à jour comble une faille stratégique : Codex ne pouvait prétendre devenir l’agent de code par défaut en traitant Windows comme un environnement de seconde zone. En faisant du poste de travail un point d’accès permanent à un agent, OpenAI brouille un peu plus la frontière entre assistant et opérateur. Reste un point de vigilance que les utilisateurs ne doivent pas perdre de vue : à force de piloter sa machine depuis une notification, on en vient à valider des actions lourdes de conséquences avec la légèreté d’un message reçu.

 

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