Entre une barre des tâches enfin redimensionnable, un Explorateur de fichiers qui retrouve ses esprits et un « Low Latency Profile » qui sent bon le coup de fouet matériel, la dernière fournée de builds Insider poursuit l’évolution du système selon la feuille de route 2026 annoncée.

Semaine après semaine, Windows 11 poursuit son ravalement de façade et sa cure de nettoyage. On le sait, Microsoft a enfin décidé de s’attaquer aux « irritants » du système qui pourrissent la vie des utilisateurs et notre quotidien numérique. Les dernières Builds Insider sont encore très loin du compte, mais elles démontrent, build après build, le changement de cap de l’éditeur. C’est encore vrai des toutes dernières builds « insiders » lancées en fin de semaine dernière. Explorateur de fichiers, barre des tâches, pavé tactile, impression, performances perçues… Microsoft fait feu dans toutes les directions. Rien de spectaculaire pris isolément, mais le faisceau de retouches qui se dessine en dit beaucoup sur la feuille de route actuelle : rendre Windows 11 moins agaçant, plus réactif, plus administrable.

La barre des tâches, retour vers le futur

L’observateur PhantomOfEarth a déterré les premiers bouts de code d’une barre des tâches « petit format ». L’option n’est pas encore officiellement disponible. Mais Microsoft semble vraiment y travailler. L’éditeur prépare également le retour de la barre des tâches façon Windows 10, redimensionnable et déplaçable. Des builds internes, jamais distribués aux Insiders, montreraient déjà une version où l’utilisateur peut tirer le bord de la barre pour en changer la hauteur, et où l’on retrouve les positions haut, gauche, droite chères aux power users que Windows 11 avait laissés sur le carreau.

Pour rappel, l’option « petits boutons » présente aujourd’hui dans Paramètres > Personnalisation > Barre des tâches ne réduit que les icônes, pas la barre elle-même. Ce qui se profile est donc une vraie réconciliation avec l’ergonomie Windows 10, après quatre ans d’obstination. Microsoft n’a pas communiqué de date, et l’éditeur lui-même rappelle qu’un repositionnement libre de la barre exige un travail de réagencement transverse sur la quasi-totalité de la « shell ». Bref, ce n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît.

L’Explorateur de fichiers apprend enfin les bonnes manières

Côté Explorateur de fichiers, les nouvelles builds cumulent une série de correctifs aussi peu glamour qu’utiles au quotidien. La barre d’adresse digère désormais les chemins contenant des doubles antislash ou des guillemets, un détail qui ravira tous ceux qui copient-collent des chemins depuis PowerShell ou un script. Le menu déroulant des suggestions se ferme enfin systématiquement après sélection. Les tailles de fichiers en vue Détails s’affichent en Ko, Mo ou Go selon l’ordre de grandeur, au lieu de tout exprimer en kilo-octets.
Le renommage cesse de re-sélectionner le texte de manière intempestive (enfin !!!!), les changements de casse se reflètent immédiatement, la navigation clavier dans les menus contextuels gagne en cohérence.

Rien de transcendant donc, mais une addition de micro-corrections qui racontent une même histoire : Microsoft a enfin entendu les critiques récurrentes sur le manque de finition de l’Explorateur. La précédente mise à jour KB5083631 avait déjà amélioré la vitesse de lancement, supprimé le « flash blanc » en mode sombre, ajouté la prise en charge des archives uu, cpio, xar et nupkg, et introduit un bouton « Aperçu quand même » pour les fichiers téléchargés.

L’écosystème pilotes, scripts et touchpads

Plus discret, mais très important pour les DSI comme les utilisateurs : Microsoft poursuit la transition autour des pilotes d’impression. Le pilote  -yu de Windows reçoit de nouveaux identifiants matériels en préparation de changements à venir dans l’ordre de priorité des pilotes. Cette évolution s’inscrit dans le plan de fin de service des pilotes d’impression tiers sur Windows.
Sur le papier, l’impression semble toujours être le sujet le moins glamour du poste de travail. Dans la vraie vie, c’est souvent l’un des plus pénibles. Pilotes exotiques, packages constructeurs hypertrophiés, incompatibilités, failles de sécurité, comportements imprévisibles après mise à jour… En poussant progressivement vers une pile d’impression plus standardisée, Microsoft cherche à réduire un vieux nid à incidents.

Les nouvelles builds « Experimental » introduisent en parallèle une série d’améliorations pour les Touchpad avec de nouvelles gestuelles. Microsoft teste des réglages de vitesse pour le défilement et le zoom, un défilement automatique qui peut se poursuivre sans garder les doigts en mouvement, un défilement accéléré pour parcourir rapidement de longs documents, ainsi qu’un défilement vertical à un doigt depuis les bords du pavé. Les applications pourront en bénéficier si elles sont bâties sur les versions 1.8 ou 2.0 du WinAppSDK.

La saisie vocale au clavier tactile abandonne sa superposition plein écran au profit d’une animation localisée sur la touche de dictée, un raffinement bienvenu sur les hybrides 2-en-1 et les Copilot+ PC.

La performance, ou l’art de masquer le problème

La performance est l’un des sujets sur lesquels l’éditeur est le plus attendu. On espère tous un Windows plus rapide et moins consommateur de mémoire. En attendant des améliorations significatives, Microsoft procède à des retouches qui tiennent plus de la triche que de l’optimisation. Ainsi, les Insiders testent un nouveau profil « Low Latency » pensé pour rendre Windows 11 plus réactif lors d’actions très courtes : ouvrir une application, afficher le menu Démarrer, déclencher un menu contextuel.

Le principe est simple : Windows pousse brièvement le processeur à une fréquence plus élevée pendant une à trois secondes, puis le laisser redescendre.

La technique est élégante et les premiers tests montrent des gains réels (entre 40% et 70%) sans impact notable sur l’autonomie. Sauf qu’elle ne soigne pas réellement les maux du système : elle anesthésie simplement le symptôme. Plutôt que d’alléger Windows, Microsoft le ferait courir plus vite.

Si le menu Démarrer, l’Explorateur, Outlook ou Edge ont besoin d’un coup de turbo pour ouvrir leur porte d’entrée sur une machine moderne dotée de SSD NVMe et de plusieurs giga-octets de RAM, c’est peut-être moins un problème de silicium qu’un problème d’architecture. La vraie question reste celle de l’hygiène logicielle : combien de cycles CPU faudra-t-il dépenser pour compenser l’empilement croissant des couches XAML, Win32, WebView et React Native dont est tissée la « shell » de Windows 11 ?

Pris isolément, aucune de ces améliorations, ou plutôt aucun de ces correctifs, ne révolutionne Windows 11. Mais elles dessinent la silhouette d’une plateforme qui cherche enfin à corriger ses défauts parfois très anciens et à se réconcilier avec sa base de vrais fans. A défaut de devenir plus fun à utiliser, le système devrait rapidement se montrer moins pénible au quotidien. Et pour un système d’exploitation utilisé toute la journée par des centaines de millions de personnes, c’est probablement une ambition plus utile qu’il n’y paraît.

 

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