OpenAI répond à Anthropic et son Claude Cowork en enrichissant son outil agentique Codex pour qu’il s’adapte à des tâches du quotidien de tous et non plus seulement à celles des Devs. Codex s’émancipe de l’univers du codage pour devenir un véritable agent IA généraliste et tous terrains.

Un an après son lancement, OpenAI déploie sur Codex une mise à jour massive qui fait basculer son agent IA bien au-delà du code. Codex savait coder. Désormais, il sait aussi cliquer, taper, générer des images et se souvenir de qui vous êtes. OpenAI a dégainé en fin de semaine dernière son « Codex for (almost) everything », une mise à jour qui propulse son assistant de développement dans un tout autre registre : celui de l’agent polyvalent, capable d’orchestrer bien des tâches de notre quotidien numérique.

Un agent qui prend la main sur votre Mac

Star de cette mise à jour, le « background computer use ». Codex Desktop peut désormais observer votre écran, bouger un curseur, cliquer et taper dans n’importe quelle application, sans attendre qu’une API lui ouvre la porte. Plusieurs agents peuvent tourner en parallèle sans perturber l’utilisateur, de quoi faire tester des apps, itérer sur du front-end ou piloter des logiciels fermés pendant que l’on continue à bosser ailleurs. OpenAI promet que « plusieurs agents peuvent travailler sur votre Mac en parallèle, sans interférer avec votre travail ».

Le tout s’accompagne d’un navigateur intégré — sur lequel on peut annoter directement une page pour donner ses instructions à l’agent — et d’un générateur d’images propulsé par gpt-image-1.5, pour sortir maquettes, concepts produit ou assets de jeu sans quitter l’environnement.

Même si OpenAI continue d’évoquer bien des scénarios de « codage », la réalité est que ce potentiel peut être appliqué à presque tout ce qui tourne sur l’ordinateur.

Reste une limite de taille : non seulement le « computer use » n’est lancé que sur macOS pour l’instant mais surtout OpenAI a exclu son accès aux utilisateurs de l’Union européenne, du Royaume-Uni et de la Suisse. Les territoires « UE » comme la France devront patienter.

 

Plugins, mémoire, automatisations : Codex se persiste

Deuxième nouveauté phare, l’arrivée d’un marketplace enrichi de plus de 90 plugins qui combinent skills, intégrations applicatives et serveurs MCP.
Microsoft 365, Neon by Databricks, Remotion, Render, Atlassian Rovo pour JIRA, CircleCI, CodeRabbit, GitLab Issues, Remotion, Render… le spectre des plugins couvre largement la stack d’une équipe produit moderne.

Plus stratégique encore, Codex apprend à durer. Une fonction mémoire — en preview — conserve préférences, conventions de projet et corrections effectuées au fil des sessions, évitant de tout ré-expliquer à chaque prompt. Les automatisations gagnent en profondeur : Codex peut désormais planifier son propre travail, se réveiller pour reprendre une tâche quelques jours plus tard, et proposer proactivement des actions en s’appuyant sur le contexte projet, les plugins connectés et la mémoire. Concrètement, l’agent sait repérer des commentaires ouverts dans Google Docs qui attendent une réponse, piocher du signal dans Slack ou Notion, et dresser une liste d’actions priorisées.

Côté workflow développeur pur, la version desktop gagne le traitement des commentaires de PR GitHub, les onglets de terminal multiples, l’aperçu enrichi de PDF, tableurs et docs dans la barre latérale, et les connexions SSH vers des devboxes distantes (en alpha).

Claude Code et Claude Cowork en ligne de mire

Alors qu’Anthropic a choisi de séparer son outil dédié aux équipes de développement (Claude Code) et celui dédié aux autres usages (Claude Cowork), OpenAI semble adopter une approche plus mono-produit et cherche à faire de Codex non plus un simple assistant de code, mais une surface de contrôle du poste de travail.

OpenAI refait donc ici une grande partie de son retard aussi bien sur la partie « Dev » que la partie « autres usages ».

Avec toutefois ce bémol important qui rend pour l’instant inaccessibles certaines fonctionnalités agentiques aux utilisateurs européens et aux utilisateurs Windows. Un délai qui nous évite aussi de payer les pots cassés et de laisser le temps à OpenAI de rendre toutes ces nouveautés un peu plus matures. L’année promet d’être très intéressante. À la vitesse où vont les choses, notre façon d’utiliser les PC risque d’être totalement bouleversée d’ici la fin de l’année !

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