Quand les attaquants mettent l’IA au volant, le phishing ressemble à un collègue, le malware change de peau et le temps de réaction se compte en minutes. Pour tenir le rythme, la sécurité s’organise comme une chaîne : Zero Trust, exposition minimale, détection qui apprend, réponse automatisée et reprise qui démarre sans hésitation. Et sans équipes alertes, même la meilleure techno finit par clignoter dans le vide. Voici 5 axes pour bâtir sa cybersécurité et sa résilience à l’ère de l’IA…

Le récent rapport State of Cybersecurity publié par l’éditeur de cybersécurité HarfangLab met en lumière une réalité préoccupante : en 2025, 58 % des entreprises européennes considèrent la cybercriminalité alimentée par l’IA comme leur principale menace, contre 46 % l’année précédente. Ce constat reflète un changement d’ère dans le paysage des menaces, désormais marqué par la vitesse, la sophistication et l’utilisation massive de l’intelligence artificielle (IA).

Les cybercriminels exploitent l’IA pour affiner divers types d’attaques, notamment les ransomwares, les exploits zero-day et les attaques par déni de service distribué (DDoS). L’IA rend également les campagnes de spear-phishing plus crédibles et plus difficiles à détecter, surpassant ainsi les défenses traditionnelles et exposant les organisations à des risques sans précédent.

Pour garder une longueur d’avance, les entreprises doivent repenser leurs stratégies de cybersécurité afin d’adopter des approches proactives, intelligentes et résilientes, capables de suivre l’évolution des menaces. Voici donc cinq leviers essentiels pour renforcer sa résilience face aux attaques cyber. Voici une reformulation sans utiliser le verbe « devoir » :

Pour garder une longueur d’avance, les entreprises sont invitées à repenser leurs stratégies de cybersécurité en adoptant des approches proactives, intelligentes et résilientes, capables de s’adapter à l’évolution des menaces. Voici cinq leviers essentiels pour renforcer leur résilience face aux attaques cyber.

1 – Zero Trust : stratégie incontournable à l’ère de l’IA

Face à des acteurs malveillants qui exploitent l’IA pour identifier des failles, usurper des identités et perfectionner leurs techniques d’attaque, les défenses périmétriques traditionnelles montrent leurs limites.

Pour contrer ces menaces, les organisations doivent adopter une approche Zero Trust, guidée par le principe : « ne jamais faire confiance, toujours vérifier ». Cette stratégie repose sur l’idée que la menace peut provenir aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur, et qu’aucun utilisateur, appareil ou application ne doit être considéré comme fiable par défaut. »

Le Zero Trust s’appuie sur des piliers essentiels tels que la vérification continue des accès, l’authentification renforcée, le contrôle d’accès basé sur les rôles (RBAC) et la segmentation du réseau. Ces mesures combinées réduisent significativement le risque d’intrusion tout en limitant l’impact des attaques potentielles.

Bien plus qu’une simple philosophie, le Zero Trust s’impose comme une stratégie unifiée et évolutive. Cette approche ne se limite pas à réduire la surface d’attaque, elle renforce également la capacité à détecter, contenir et neutraliser les menaces avec efficacité

2 – Réduire la surface d’attaque

Dans un contexte où des acteurs malveillants, renforcés par l’IA, scrutent en permanence les failles, réduire la surface d’exposition n’est plus une option, mais une nécessité. Chaque terminal exposé, API non sécurisée ou vulnérabilité au sein de la chaîne d’approvisionnement constitue une porte d’entrée potentielle pour les attaques.

Pour atténuer ces risques, il est essentiel de commencer par cartographier la surface d’attaque et d’identifier les vulnérabilités critiques. Cette démarche doit être suivie par la mise en œuvre d’une stratégie de défense en profondeur, visant à sécuriser chaque point d’entrée et à réduire les expositions.
Parmi les mesures clés figurent l’authentification multifacteur, le chiffrement systématique des données, les tests d’intrusion réguliers et une surveillance renforcée des terminaux.

La mise à jour régulière des systèmes et le renforcement de la sécurité des appareils jouent un rôle clé dans la réduction des opportunités d’attaque.

3 – Détecter et répondre en continu

Face à des attaques amplifiées par l’IA, capables d’imiter des comportements légitimes et de contourner les outils traditionnels, il est crucial de combiner une « détection avancée » avec une « réponse rapide».

Les solutions modernes de détection et de réponse s’appuient sur l’analyse en temps réel de vastes volumes de données, enrichie par le machine learning, pour identifier les anomalies et déclencher des réactions automatisées. Leur efficacité s’accroît à mesure qu’elles analysent davantage d’activités.

Pour les organisations disposant de ressources limitées, collaborer avec un partenaire spécialisé offre une surveillance continue, une réactivité renforcée et un allègement de la charge pesant sur les équipes internes.

4 – Définir un plan de réponse et de reprise après incident

Ce plan doit définir les rôles et responsabilités, les processus de détection, de confinement et de communication, les contacts internes et externes, des messages prévalidés, ainsi que des exercices de simulation réguliers. La sauvegarde des données et applications critiques, idéalement hors ligne ou isolée, est enfin indispensable pour se protéger des ransomware et assurer une restauration rapide.

En cybersécurité, la Loi de Murphy reste une réalité incontournable : « tout ce qui peut mal tourner finira par mal tourner. » La prévention seule ne suffit pas, et il est essentiel d’accepter qu’une attaque réussie est une éventualité à anticiper. Une stratégie de cybersécurité robuste intègre donc un plan clair et régulièrement testé de réponse et de reprise (IRR – Incident Response & Recovery).

Ce plan précise les rôles et responsabilités, les processus de détection, de confinement et de communication, les contacts internes et externes, des messages pré validés, ainsi que l’organisation d’exercices de simulation réguliers. Enfin, la sauvegarde des données et applications critiques, idéalement hors ligne ou isolée, reste une mesure clé pour se prémunir contre les ransomwares et garantir une restauration rapide.

5 – Renforcer la sensibilisation des employés

Les employés restent la première ligne de défense face aux cybermenaces. Investir dans une sensibilisation continue à la cybersécurité devient essentiel, notamment à travers des simulations réalistes intégrant des scénarios d’attaques assistées par IA (phishing avancé, deepfakes, etc.).

Les programmes les plus efficaces combinent formation continue, communication transparente, exercices pratiques et responsabilisation collective. L’objectif est d’instaurer une véritable culture de sécurité, active et vigilante, à tous les niveaux de l’organisation.

Alors que les cybercriminels exploitent l’IA pour orchestrer des attaques toujours plus sophistiquées, les organisations doivent faire preuve d’une agilité équivalente. Les défenses traditionnelles ne suffisent plus. Une stratégie de cybersécurité moderne repose sur une approche proactive et multicouche, soutenue par des technologies avancées, un plan de réponse solide et des équipes sensibilisées.
Dans un marché où la multiplication des solutions de sécurité crée de la complexité, l’enjeu n’est plus d’ajouter des outils, mais de disposer d’une architecture intégrée, fondée sur Zero Trust et la résilience, et soutenue par un écosystème de partenaires alignés. En adoptant ces pratiques, les organisations ne se contentent pas de résister aux attaques : elles en sortent renforcées, plus agiles et mieux préparées pour affronter les menaces à venir.

En adoptant ces pratiques, les organisations ne se contentent pas de résister aux attaques : elles en sortent renforcées, plus agiles et mieux préparées pour affronter les menaces à venir.

À l’ère de l’IA, la cybersécurité ne peut plus se limiter à des défenses périmétriques : elle doit devenir proactive, résiliente et continue. En s’appuyant sur le Zero Trust, la réduction de la surface d’attaque, la détection et la réponse en continu, des plans de réponse et de reprise éprouvés, ainsi qu’une sensibilisation renforcée des collaborateurs, les organisations se dotent d’une véritable capacité de résistance et de rebond face aux attaques les plus sophistiquées. Dans un environnement où la multiplication des outils de sécurité ajoute de la complexité, l’enjeu est désormais de construire une architecture intégrée, fondée sur la résilience et soutenue par un écosystème de partenaires alignés, pour sortir des crises plus fortes et mieux préparées.
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Par Rahmani Cherchari, Senior Director, Dell Technologies

 

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