Alexa+ sur le Web, c’est une vision “opérationnelle” de l’IA générative : moins de blabla, plus de tâches enchaînées et de services branchés. Amazon teste le terrain aux États-Unis avant d’élargir l’audience de son nouvel assistant à l’international. Face à ChatGPT et Gemini, la différence se jouera sur l’intégration et la capacité à exécuter. Mais le temps presse d’autant qu’Amazon n’a toujours pas indiqué de date de disponibilité en France.

Alors que ChatGPT est déjà utilisé par 800 millions d’utilisateurs dans le monde, que Gemini est en train de se démocratiser à vitesse grand V sur mobiles, qu’Apple en est toujours nulle part avec sa version GenAI de Siri, Amazon franchit une nouvelle étape dans la refonte de son assistant vocal en lançant Alexa+ sur le Web, via le site Alexa.com. Jusqu’ici réservé à certains appareils Echo ou à l’application mobile, le nouvel assistant dopé à l’IA générative devient accessible depuis un simple navigateur, dans le cadre d’un programme d’accès anticipé ouvert au grand public mais strictement limité aux US et à l’anglais. Ce lancement rapproche un peu plus Alexa+ des grands assistants conversationnels comme ChatGPT ou Gemini, tout en conservant une approche très orientée vers l’action et les usages du quotidien qui font sa spécificité.

Alexa+, la plus grande refonte d’Alexa depuis dix ans

Rappelons qu’Alexa+ n’est pas une simple mise à jour cosmétique de l’ancien et très populaire assistant d’Amazon. Selon le géant américain, il s’agit de la transformation la plus profonde de son assistant depuis son lancement, avec l’intégration massive de l’IA générative. Alexa+ dépasse la logique de commandes vocales basiques pour proposer un assistant capable de comprendre le contexte, de se souvenir des préférences de l’utilisateur et d’enchaîner des tâches complexes.

Sur le Web, Alexa+ permet de discuter en texte, d’explorer des sujets complexes, de planifier des voyages, de gérer des listes, des calendriers ou encore de piloter une maison connectée, le tout dans une interface unique. Selon Amazon, l’une des forces d’Alexa+ repose sur un contexte persistant : une conversation commencée sur le navigateur peut se poursuivre sur un smartphone ou un appareil Echo sans rupture. Cette continuité est au cœur de la stratégie d’Amazon, qui veut faire d’Alexa un assistant omniprésent, quel que soit l’écran utilisé.

Un assistant pensé pour agir, pas seulement converser

Alexa+ se distingue de ses concurrents (ChatGPT, Gemini, Claude, Mistral LeChat, Grok) dans sa profonde intégration à l’écosystème Amazon et à des services tiers. L’assistant ne se contente pas de répondre à des questions : il peut réserver un restaurant, organiser un planning familial, gérer des courses via Amazon Fresh ou Whole Foods, ou encore contrôler des objets connectés directement depuis la fenêtre de discussion Web.

Amazon met également en avant des partenariats avec des services comme Expedia, Yelp ou Angi, afin de proposer des expériences dites « agentiques », où l’assistant agit pour le compte de l’utilisateur. Cette orientation très opérationnelle vise à ancrer Alexa+ dans des usages concrets.

Sur le plan économique, Alexa+ reste pour l’instant accessible gratuitement en accès anticipé aux US uniquement. À terme, Amazon prévoit de l’inclure dans l’abonnement Amazon Prime, ou de le proposer via un abonnement séparé, confirmant sa volonté de rentabiliser un service qui a longtemps coûté cher au groupe.

Quand Alexa+ arrivera‑t‑il en France ?

À ce stade, Amazon n’a communiqué aucune date officielle pour un lancement d’Alexa+ en France. Historiquement, les nouvelles versions d’Alexa arrivent en France avec plusieurs mois de décalage, notamment en raison des adaptations linguistiques et réglementaires. Mais Amazon fait preuve d’encore plus de prudence pour la déclinaison GenAI. Au vu du calendrier actuel et de la montée en puissance hyper progressive de l’accès anticipé, Amazon semble encore assez loin d’une ouverture à l’international de son Alexa+ même si la filiale française semble avoir lancé quelques invitations « early access » à des utilisateurs français.

Alexa+ sur le Web marque en tout cas un tournant : Amazon ne veut plus d’un assistant cantonné à la cuisine ou au salon, mais d’un compagnon numérique capable de suivre l’utilisateur partout, et surtout de passer à l’action. Une ambition qui place désormais Alexa+ en concurrence frontale avec les grands acteurs de l’IA conversationnelle, tout en jouant une carte subtilement différente. Restera à vérifier si la disponibilité française n’arrivera pas trop tard alors que Google pousse désormais très fortement son Gemini sur tous les appareils, y compris les Android TV.

 

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