On le savait, ChatGPT s’est imposé comme un confident du quotidien et chaque jour des millions de personnes l’interroge pour des questions de santé. Pour OpenAI le sujet est suffisamment sensible pour justifier une fonctionnalité dédiée et un comportement ajusté de son IA. L’éditeur lance en Preview aux USA la fonctionnalité « ChatGPT Health ».

Comme Microsoft l’a déjà mis en lumière, les assistants IA ne servent plus seulement à “chercher une info” : ils accompagnent désormais des moments très personnels, et la santé figure au premier rang de ces usages. Dans son Copilot Usage Report 2025, Microsoft AI expliquait ainsi avoir analysé 37,5 millions de conversations sous forme de résumés désidentifiés, et constaté que les sujets santé dominent l’usage mobile, quel que soit le jour, le mois ou l’heure. Dans un autre billet, Microsoft AI indiquait également observer plus de 50 millions de “sessions” liées à la santé chaque jour à travers des produits grand public comme Bing et Copilot. Bref, pour beaucoup, l’IA est devenue un point d’entrée immédiat pour comprendre des symptômes, décrypter un résultat, ou simplement chercher des conseils de bien‑être.

Pas étonnant, dès lors, de voir OpenAI officialiser une nouvelle fonctionnalité ajoutée à son assistant fétiche : ChatGPT Health. Un peu à la manière de ce que l’editeur a fait avec le mode « Etudiant », cette nouvelle expérience “santé” intégrée à ChatGPT est pensée pour accueillir des échanges plus sensibles, avec des protections supplémentaires et la possibilité de connecter l’IA à vos données personnelles.

La santé est déjà un usage de masse de l’IA

OpenAI révèlent à son tour que les questions de santé et de bien‑être comptent déjà parmi les usages les plus courants de ChatGPT : chaque semaine, plus de 230 millions de personnes dans le monde posent des questions de santé et de bien-être à ChatGPT.

L’enjeu, pour OpenAI, n’est pas réellement ici de créer un nouveau besoin mais plutôt de mieux encadrer un comportement existant et de renforcer les garde-fous et la pertinence de ChatGPT sur ces questions en proposant aux utilisateurs un espace dédié, mieux isolé, mieux protégé, et plus structuré pour des informations potentiellement hyper sensibles.

Concrètement, ChatGPT Health apparaît comme une section distincte dans l’interface, accessible depuis la barre latérale. On accède alors à un espace spécifique conçu pour “soutenir, et non remplacer” la relation avec un professionnel de santé. ChatGPT Health n’est pas un outil destiné au diagnostic ou au traitement, mais un assistant pour mieux comprendre, préparer, organiser et formuler.

Ce que change ChatGPT Health

La nouveauté la plus structurante de ChatGPT Health par rapport aux anciens usages tient au cloisonnement. Les conversations, fichiers et “souvenirs” liés à la santé restent confinés dans un espace dédié et isolé, sans interférer avec les échanges ordinaires dans ChatGPT. L’objectif est d’éviter qu’une discussion sur un sujet médical ne se mélange, même indirectement, avec d’autres usages plus génériques de l’assistant. Bien évidemment, les conversations menées dans ChatGPT Health ne sont pas utilisées pour entraîner ses modèles de fondation de l’éditeur.

Ce cloisonnement s’accompagne de mesures de sécurité renforcées. OpenAI a mis en place un chiffrement et une isolation “spécifiquement conçus” pour les conversations santé, afin de compartimenter ces informations. Par ailleurs, l’utilisateur garde la main, notamment avec la possibilité de retirer l’accès à ses dossiers ou sources connectées.

Car la grande originalité de ChatGPT Health, c’est de pouvoir s’appuyer sur des données personnelles choisies par l’utilisateur, afin de produire des réponses plus contextualisées que de simples conseils généraux. Aux États‑Unis, OpenAI indique qu’il est possible d’importer des dossiers médicaux, et de connecter des sources de données de santé et de bien‑être. Parmi les intégrations citées au lancement figurent Apple Health et plusieurs applications orientées nutrition, activité physique et habitudes de vie (par exemple MyFitnessPal ou Peloton), avec l’idée de relier sommeil, activité, entraînements, ou suivi alimentaire à la conversation.
Objectif, permettre à ChatGPT Health de se montrer plus précis et pertinent dans des scénarios tels que l’explication de résultats (par exemple des analyses), la préparation de questions pour un rendez‑vous, la mise en forme d’un plan d’habitudes ou d’entraînement, ou encore l’aide à la compréhension d’options d’assurance santé dans les marchés où cette complexité est forte. L’ambition affichée est de transformer des données souvent dispersées entre portails, PDFs, applis et notes en une lecture plus intelligible.

Enfin, OpenAI affirme avoir conçu sa fonctionnalité Health avec des médecins afin de spécifiquement calibrer le ton et la clarté des propos de l’IA et y ajouter des mécanismes de prudence, notamment quand une situation devrait pousser à consulter.

Un lancement prudent et géographiquement limité

Le déploiement, lui, démarre de manière graduelle. OpenAI indique que ChatGPT Health est d’abord ouvert à un petit groupe d’utilisateurs, sur plusieurs offres (y compris Free), mais en dehors de l’Espace économique européen, de la Suisse et du Royaume‑Uni. Les utilisateurs doivent pour l’instant s’inscrire sur une liste d’attente.
En outre, certaines capacités, dont l’import de dossiers médicaux et une partie des intégrations, sont par ailleurs décrites comme limitées aux États‑Unis au lancement.

ChatGPT Health illustre un mouvement plus large que Microsoft avait déjà objectivé côté usage : quand la santé devient un sujet “toujours présent” dans les interactions avec une IA grand public, la question n’est plus seulement la qualité de la réponse, mais aussi le cadre de confidentialité, de séparation des contextes et de gouvernance des données. Avec ChatGPT Health, OpenAI propose une réponse pratique à ce basculement : non pas un chatbot “médical” au sens clinique, mais un espace spécialisé, orienté compréhension et préparation, construit autour de trois promesses vérifiables (séparation des échanges, protections supplémentaires, et contrôle utilisateur) tout en privilégiant un déploiement prudent qui exclu nécessairement l’Europe et son RGPD dans un premier temps. On peut d’ailleurs craindre d’attendre plusieurs mois avant de voir la fonctionnalité débarquer en France…

 

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