Le code n’était que l’échauffement : l’IA agentique s’attaque maintenant aux vraies interfaces, aux vraies applis et aux vraies frictions du quotidien. Google a débuté, à l’occasion du lancement des Galaxy S26 de Samsung, le déploiement des premières fonctionnalités agentiques au sein de Gemini pour Android. Le début d’un tout nouveau monde numérique mobile.

Depuis plusieurs mois, l’IA agentique fait surtout ses preuves dans un périmètre bien défini : celui du développement logiciel. Codex d’OpenAI et Claude Code d’Anthropic ont largement démontré qu’un modèle de langage pouvait planifier, exécuter et itérer sur des tâches complexes en quasi-autonomie. Le paradigme a convaincu les ingénieurs. Restait désormais à étendre le potentiel de l’IA agentique au-delà des postes de développement. Une ouverture qui a clairement débuté depuis le début de l’année. Anthropic a lancé Cowork en janvier, un agent de bureau qui transpose la logique de Claude Code aux tâches des cols blancs : organisation de fichiers, génération de documents, automatisation de workflows, le tout sans écrire une ligne de code. L’outil a provoqué un séisme boursier avec une perte de 285 milliards de dollars de capitalisation sur les valeurs SaaS dans les jours qui ont suivi tant son potentiel semble menacer les éditeurs de logiciels de productivité installés. En réalité le SaaSpocalypse n’aura pas lieu aussi vite que ne le craint Wall Street. Mais clairement, l’IA agentique devient une réalité d’entreprise. En parallèle, OpenAI a riposté avec Frontier, une plateforme d’agents autonomes destinée aux entreprises, lancée le 5 février. Frontier ne vise plus l’utilisateur individuel mais l’organisation tout entière : les agents s’intègrent aux CRM, aux entrepôts de données et aux applications métier, avec un modèle de gestion calqué sur celui des collaborateurs humains onboarding, permissions, boucles de feedback. Sans oublier bien évidemment le phénomène open source OpenClaw, buzz médiatique du moment, qui a montré qu’un projet communautaire pouvait rivaliser avec les géants. Cet agent local auto-hébergé cumule plus de 100 000 étoiles sur GitHub et s’interface avec WhatsApp, Telegram ou Signal pour automatiser des tâches du quotidien de la gestion d’agenda à la commande de courses.

Désormais, l’IA agentique s’aventure aussi sur les smartphones…

Gemini sur Android : l’assistant qui agit pour de vrai

Annoncée le 25 février lors du Galaxy Unpacked 2026, la nouvelle fonctionnalité de Gemini sur Android marque un changement de nature pour l’assistant de Google. Gemini ne se contente plus de répondre à des questions ou de suggérer des actions : il les exécute, à l’intérieur même des applications installées sur le smartphone Android.

Le principe est simple. L’utilisateur maintient le bouton d’alimentation enfoncé et formule une demande en langage naturel : réserver un VTC pour rentrer chez soi, recommander son dernier repas sur Uber Eat, remplir un panier de courses hebdomadaire. Gemini prend la main, ouvre l’application concernée, navigue dans ses menus, remplit les champs nécessaires et s’arrête à l’étape de validation finale, laissant à l’utilisateur le soin de confirmer la commande ou le paiement.

Un bac à sable sécurisé

Google a conçu le système avec des garde-fous stricts. Chaque automatisation s’exécute dans une fenêtre virtuelle sécurisée : Gemini n’accède qu’à l’application nécessaire à la tâche en cours, sans avoir de visibilité sur le reste de l’appareil. L’utilisateur peut suivre la progression en temps réel via les notifications, intervenir à tout moment et stopper l’opération s’il constate une erreur. Aucune automatisation ne peut démarrer sans une commande explicite du propriétaire du téléphone.

Un déploiement ciblé

Pour l’heure, la fonctionnalité est lancée en bêta et reste limitée à un périmètre restreint. Côté appareils, seuls les Pixel 10, Pixel 10 Pro, Pixel 10 Pro XL et la série Samsung Galaxy S26 sont compatibles. Côté géographie, seuls les États-Unis et la Corée du Sud sont concernés dans un premier temps. Quant aux applications prises en charge, Google se concentre sur trois catégories : livraison de repas, courses alimentaires et VTC.

L’avantage Android

La stratégie de Google se distingue de celle de ses concurrents sur un point essentiel : l’exécution se fait directement sur le smartphone, au cœur d’applications tierces réelles. Là où Cowork opère sur le bureau et Frontier vise les systèmes d’entreprise, Gemini s’installe dans la poche de l’utilisateur, avec une latence réduite et un alignement naturel sur les usages mobiles.

Avec près de 70 % du marché mondial des smartphones selon IDC, Android offre à Google une base de déploiement considérable. Si l’automatisation de tâches récurrentes, même modestes, se révèle fiable, l’effet d’échelle pourrait transformer cette fonctionnalité en réflexe quotidien, à l’image de la saisie automatique ou des réponses intelligentes en leur temps.

Une course à l’agent grand public

Google rejoint ainsi une compétition déjà intense. OpenAI propose dans ChatGPT des automatisations programmables et un agent capable de piloter un ordinateur. Anthropic mise sur Cowork et ses plug-ins métier. Apple, de son côté, accumule les retards sur un Siri dopé à l’IA, repoussé une nouvelle fois. Microsoft est en train de peaufiner l’arrivée des agents au cœur de Windows 11.

Pour les développeurs d’applications et les marques, un défi nouveau se dessine : si les utilisateurs commencent à interagir avec leurs services via un agent IA plutôt que via l’interface classique, il faudra repenser l’optimisation des parcours, l’attribution marketing et la relation de confiance avec le client. L’ère de l’agent grand public ne fait que commencer mais vu qu’elle s’empare déjà notre outil le plus personnel et le plus quotidien, notre smartphone, elle ne va pas tarder à envahir et métamorphoser nos usages numériques…

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