L’adoption du cloud par les entreprises en Europe augmente avec une forte tendance pour l’IaaS parallèlement à un abandon progressif des services de hosting traditionnel.

C’est ce que montre une enquête intitulée Enquête 2014 sur le cloud et le hosting européens commanditée par le fournisseur de services de colocation Interxion qui constate que, en comparaison des résultats de l’année dernière, qui montraient une demande pour le hosting traditionnel (y compris le hosting web, dédié et géré) supérieure à celle pour les services cloud (IaaS et SaaS), la demande pour les services cloud surpasse désormais la demande pour les services de hosting traditionnel. Le rapport a révélé que 43 % des répondants observent à présent une plus forte demande pour l’IaaS, contre 36 % l’année dernière. Seuls 23 % des répondants observent toujours une plus forte demande pour les services de hosting traditionnel, contre 56 % l’année passée.

L’enquête dévoile également une intensification de la concurrence entre les plates-formes de cloud mondiales et les fournisseurs de services européens locaux et régionaux. Alors que les fournisseurs internationaux poursuivent la localisation de leurs plates-formes en Europe, les fournisseurs de services locaux adoptent diverses stratégies pour se démarquer de leurs concurrents. Pour la majorité des répondants (86 %), l’accent sur le service clients est considéré comme le plus important facteur de différenciation vis-à-vis de la concurrence.

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5 tendances
– L’impact du cloud sur les revenus reste pour l’instant limité, mais devrait croître de manière significative dans les 2 prochaines années
– Les fournisseurs de services préfèrent détenir et gérer leur infrastructure IT
– Les data centers ou les salles serveurs demeurent les infrastructures privilégiées
– Les plates-formes cloud mondiales sont de plus en plus perçues comme des concurrentes directes
– Le focus clients et la diversification du portefeuille de services constituent les stratégies de différenciation les plus importantes.

Les 10 mythes du cloud

Cette enquête démontre que cette évolution des entreprises vers une nouvelle manière de consommer l’énergie informatique ne se fera pas en un jour. Cette grande mutation actuelle suppose de surmonter de nombreux défis et est aussi entouré de nouveaux mythes que le Garnter a énuméré dans une note publiée récemment.

Mythe 1 : Le cloud n’est pas toujours lié aux coûts
Alors que les prix baissent régulièrement, notamment en matière d’infrastructure[1] (IaaS), tous les services cloud comme le SaaS ne continuent pas à baisser. Baser sur l’idée que le cloud permet de faire des économies, mais cela ne doit être considéré comme automatique.

Mythe 2 : Il faut être cloud pour être bon
C’est là une des conséquences de ce que l’on pourrait appeler le « cloud washing » dont une partie résulte d’une confusion et d’une idée selon laquelle rien n’est bon s’ils ne sont pas cloud. De nombreuses DSI affublent nombre de leurs initiatives du terme cloud, en particulier pour trouver les budgets.

Mythe 3 : Le cloud doit être utilisé pour quelque chose
Pour certaines applications, le cloud est parfaitement adapté mais il en existe de nombreuses autres pour lesquels le cloud n’est pas une obligation. Sauf si cela entraîne des économies importantes, migrer des applications dites legacy sans les modifier n’a pas d’intérêt.

Mythe 4 : Aller vers le cloud parce que la dg en a décidé ainsi
Quand on leur demande de définir leur stratégie en matière de cloud, de nombreuses entreprises ne peuvent pas trop donner de détails sauf préciser que c’est la décision de la direction générale. Une stratégie claire en matière de cloud commence par identifier les objectifs en termes économiques et de développement de l’entreprise, de déterminer les bénéfices du cloud tout en établissant les risques. Enoncé simplement, le cloud est un moyen pas une fin.

Mythe 5 : Il existe une seule stratégie cloud
Le cloud est multiple et une stratégie cloud doit être fondée sur cette réalité. Les services cloud sont diversifiés (IaaS, SaaS), tout comme les modèles (lift and shift, natif…), l’étendu de mise en œuvre (interne, externe) et les applications. Une stratégie cloud doit être largement alignée sur les objectifs de l’entreprise. Ces objectifs et les bénéfices sont différents en fonction des types d’utilisation. Le cloud ne doit pas être un prétexte pour tout standardiser.

Mythe 6 : le cloud est moins sécurisé que des applications on-premises
Le cloud est perçu comme moins sécurisé. C’est plus un problème de confiance que la conséquence d’une analyse rationnelle des possibilités du cloud. A ce jour, il y a eu encore très peu d’incidents dans le cloud public alors que la plupart des problèmes à ce jour concernent des data centers classiques. Certes, les fournisseurs de services doivent continuer à montrer leurs capacités en matière de sécurité, mais il n’y a pas de raisons objectives de penser que leurs offres n’offrent pas le niveau de sécurité nécessaire.

Mythe 7 : le cloud n’est pas adapté aux applications stratégiques
Encore aujourd’hui, le cloud est adopté dans des cas d’utilisations différents mais la plupart du temps pour des applications qui ne sont pas stratégiques pour l’entreprise. Toutefois, de nombreuses entreprises et pas seulement des start-ups sont allées au-delà des utilisations périphériques pour mettre le cloud au cœur de leur SI. C’est le cas d’entreprises à forte croissance qui sont nées avec le cloud.

Mythe 8 : cloud = data center
La plupart des décisions liées au cloud ne consistent pas à fermer les data center de l’entreprise et à tout migrer vers le cloud. Les entreprises vont devoir trouver le bon équilibre entre ce qui doit être géré dans leurs data centers et ce qui doit être placé dans le cloud. L’externalisation, la modernisation et la stratégie des data centers n’est pas synonyme de mouvement vers le cloud.

Mythe 9 : migrer vers le cloud équivaut à bénéficier de toutes les potentialités du cloud
Les attributs du cloud ne sont pas toutes transitifs, en clair ils ne s’obtiennent pas automatiquement. Il faut déjà distinguer des applications hébergées dans le cloud des services cloud. Il y a des évolutions partielles qui offrent certains avantages (par exemple ne plus acheter de matériels) et peuvent être bénéfiques. Mais elles n’offrent pas tous les avantages.

Mythe 10 : virtualisation = cloud privé
La virtualisation est une des technologies de base permettant d’évoluer vers le cloud. Toutefois, ce n’est la seule voie vers le cloud. C’est ni suffisant, ni nécessaire. Mais ce n’est pas parce qu’on a virtualisé qu’on est dans le cloud. Des environnements hautement virtualisés, largement automatisés correspondent souvent à des besoins. Mais ces configurations sont décrites à tort comme « clouds privés ».

 

[1] Dans une présentation récente (Oracle parle d’innovation et de transformation numérique), Mark Hurd, CEO d’Oracle expliquait clairement que la concurrence sur le front de l’IaaS se fait sur les prix alors que dans les domaines du SaaS ou du PaaS s’organise sur la diffénciation des produits.