À l’occasion de la cinquième édition de France Quantum, la semaine dernière, OVHcloud a confirmé ses investissements dans le quantique européen. Le fournisseur roubaisien accueillera fin 2026 le premier calculateur de Quobly sur sa Quantum Platform et noue un partenariat de R&D avec Welinq pour interconnecter ces machines d’un nouveau type.

Le quantique reste encore une promesse industrielle, mais OVHcloud veut déjà en comprendre et en anticiper les usages. À l’occasion de France Quantum 2026, le fournisseur de cloud français a confirmé son investissement dans ces technologies et annoncé l’extension de sa propre offre QaaS (Quantum as a service) avec deux avancées complémentaires : l’arrivée du premier ordinateur quantique commercial de Quobly sur sa Quantum Platform d’ici fin 2026, et une collaboration de R&D avec Welinq pour travailler à l’interconnexion des futurs calculateurs quantiques.

Lancée en 2025, la Quantum Platform d’OVHcloud vise à donner aux chercheurs, industriels et organisations publiques un accès cloud à plusieurs technologies quantiques, des simulateurs aux véritables machines à QPU. Après une première aventure menée avec Pasqal (et sa machine 100 qubits à atomes neutres Orion Beta), l’opérateur Français avait étendu ses capacités quantiques en avril dernier avec l’intégration d’un calculateur Belenos de Quandela à base de 12 qubits photoniques.

Personne ne sait encore quelle modalité de qubits dominera demain. En exposant plusieurs machines et plusieurs émulateurs via le cloud, OVHcloud permet aux entreprises d’expérimenter, de comparer et de préparer leurs algorithmes sans parier trop tôt sur une seule technologie.

L’offre continue donc de prendre de l’ampleur en accentuant les partenariats avec des deeptechs françaises.

Quobly, premier qubit sur silicium de la plateforme OVHcloud

La Quantum Platform d’OVHcloud va donc accueillir d’ici la fin d’année Alloy Pioneer, le premier ordinateur quantique commercial de Quobly. Conçue et développée en France, cette machine repose sur des qubits de spin sur silicium exploitant la technologie FD-SOI sur wafers 300 mm. Autrement dit, la machine de Quobly repose sur des technologies semi-conducteurs déjà familières à l’industrie. Quobly ne promet pas seulement un ordinateur quantique de plus. La startup défend une voie potentiellement industrialisable, compatible avec les infrastructures existantes et pensée pour le passage à l’échelle. Dans un domaine encore très fragmenté technologiquement, c’est un signal fort. Issue d’un travail de recherche du CEA et s’appuyant sur une puce produite par STMicroelectronics, la pépite grenobloise a levé 160 millions d’euros. « Nous préparons l’arrivée de nouvelles capacités de simulation et de calcul hybride », souligne Maud Vinet, CEO et cofondatrice de Quobly. Son Alloy Pioneer sera accessible sur le cloud souverain d’OVHcloud, en première mondiale.

Welinq pour câbler les datacenters quantiques

La seconde annonce, avec Welinq, regarde encore plus loin. L’enjeu n’est plus seulement d’accéder à un ordinateur quantique, mais de relier plusieurs calculateurs entre eux et de les intégrer à des ressources classiques. OVHcloud annonce un accord de R&D avec Welinq, spécialiste de l’interconnexion des calculateurs quantiques. L’objectif est d’orchestrer en réseau des QPU issues de modalités de qubits différentes pour former des clusters homogènes ou hétérogènes d’ordinateurs quantiques avec des ressources classiques, et d’allouer dynamiquement chaque charge vers la plateforme la plus adaptée. « Il n’y aura jamais un ordinateur quantique seul », résume le fondateur d’OVHcloud, qui veut relier ces machines entre elles, mais aussi au cloud, aux calculateurs d’IA et au reste du datacenter.
Dit autrement, un dialogue quantique ne sera probablement jamais totale isolé et devra dialoguer avec des infrastructures cloud, des supercalculateurs, des GPU, des pipelines IA et des environnements logiciels classiques. En travaillant avec Welinq, OVHcloud prépare donc moins « le » cloud quantique que l’hybridation progressive du quantique avec les infrastructures numériques existantes.

Une stratégie souveraine assumée

Ces deux annonces confortent l’ambition d’OVHcloud : proposer en ligne 8 QPU, dont 7 machines européennes, aux côtés d’une machine IBM. Le groupe revendique déjà C12, Pasqal, IQM, Alice & Bob, Quandela et désormais Quobly, complétés par 15 émulateurs, avec 4 clients et 2 000 utilisateurs, dont l’ESA, et une roadmap publiée sur GitHub. Octave Klaba se pose en intermédiaire entre utilisateurs finaux et constructeurs, tout en reconnaissant que cette activité QaaS ne dégage encore aucun profit : « tous les revenus sont reversés à nos partenaires ». Le dirigeant salue enfin le milliard d’euros d’aides supplémentaires annoncé le 22 mai par Emmanuel Macron et la réponse d’OVHcloud à l’appel à manifestation d’intérêt AQUILA, destiné à structurer l’accès cloud aux ordinateurs quantiques français.

 

 

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