Le CES a gardé le silence, mais les fuites reviennent de plus belle et font beaucoup de bruit : Nvidia voudrait dévoiler ses premières ARM pour PC fin mars 2026 pour un lancement effectif des PC dotés de ses puces dès cette année. Windows 11 on ARM n’est plus un pari exotique, l’IA locale devient un argument massue, et le x86 encaisse déjà les coups. Ajoutez la concurrence des futurs Android PC et une critique pénurie mémoire, et vous obtenez un cocktail 2026 des plus agités.
C’est l’une des questions restées sans réponse après le dernier CES de Las Vegas. On sait depuis des mois que NVidia prépare son entrée sur le terrain des puces ARM pour PC mais on espérait en savoir plus au dernier CES. Tout comme on espérait des nouvelles des premiers « Android PC » de Google animé par une version « chromisée » d’Android répondant au nom de code Aluminium OS. Mais le grand Show de Las Vegas est passé sans illuminer nos interrogations.
De quoi relancer les rumeurs et indiscrétions. Et plusieurs fuites récentes laissent désormais supposer que, malgré son silence sur le sujet au CES, Nvidia serait bien sur le point de dévoiler ses premières puces ARM pour PC connues sous les noms de N1 et N1X. Elles pourraient être annoncées avant le second trimestre 2026 pour trouver leur place dans les rayons des revendeurs avant la fin de l’année.
Architecture et caractéristiques techniques
Les descriptions techniques qui commencent à circuler sous le manteau dessinent le portrait de SoC (System on Chip) ambitieux, inspirés du design du « GB10 Superchip » utilisé dans des environnements serveurs et dans les récentes workstations DGX Spark. Ces machines fonctionneraient sur Windows 11 (Windows on ARM) bénéficiant de tout le travail d’adaptation et de défrichage de terrain réalisé par Qualcomm et Microsoft ces dernières années.
Le cœur CPU serait composé de 20 cœurs Arm v9.2 organisés en deux clusters de dix, avec une hiérarchie de cache incluant 16 Mo de L3 partagée par cluster (32 Mo au total) et des caches L2 privés par cœur. Le sous‑système mémoire s’appuierait sur une interface LPDDR5X‑9400 sur un bus 256 bits, capable de supporter jusqu’à 128 Go et d’atteindre environ 301 Go/s de bande passante brute, tandis que la connectivité inclurait du PCIe 5.0 pour les SSD NVMe et d’autres périphériques haute vitesse.
Le TDP global du package est évoqué autour de 140 W, ce qui laisse entendre un positionnement énergétique et thermique proche des portables haut de gamme actuels, et la variante N1X intégrerait une partie graphique très musclée avec un nombre de cœurs CUDA rapporté à 6 144 pour la puce dédiée au GPU.
Compatibilité logicielle et calendrier
Sur le plan logiciel, les rapports indiquent que Microsoft travaille à rendre Windows 11 compatible avec ces nouvelles architectures, et que c’est même tout le propos de la fameuse mise à jour 26H1 jusqu’ici surtout considérée comme une optimisation de Windows pour les Snapdragon X2 de Qualcomm.
La fenêtre est plutôt très favorable. L’écosystème Nvidia domine largement le monde de l’IA et de plus en plus de développeurs et d’entreprises aimeraient faire tourner bien des workloads IA en local pour réduire leur facture Cloud et leur facture énergétique.
En outre, longtemps hésitant, l’écosystème logiciel Windows s’est désormais très largement converti à ARM. Tous les logiciels clés de l’univers Windows sont désormais portés en ARM natif. Et pour ceux plus anciens qui ne le sont pas, la couche d’émulation PRISM de Windows 11 fonctionne désormais très bien. Au point que les machines sous Snapdragon X1 ont aujourd’hui acquis une excellente réputation de PCs plus autonomes, plus réactifs et plus fiables que les machines x86 !
Perspectives et enjeux
Au‑delà du premier cycle N1/N1X, Nvidia préparerait déjà des générations suivantes nommées N2 et N2X, qui seraient lancées dès 2027. Preuve que Nvidia construit déjà une vision à moyen terme visant à itérer rapidement et à étendre les capacités, notamment pour les usages liés à l’IA et au calcul hétérogène. Parallèlement, Nvidia a approfondi son partenariat avec Arm pour intégrer des technologies d’interconnexion haute bande passante comme NVLink Fusion dans les plateformes Neoverse, une intégration qui vise à rapprocher CPU et GPU à l’échelle nécessaire pour des charges de travail d’IA et qui pourrait se répercuter sur la cohérence des performances dans les futurs SoC pour PC.
L’arrivée de Nvidia sur ce marché serait un extraordinaire coup d’accélérateur pour Windows on ARM et un énième coup de massue sur l’écosystème x86. Elle promet en tout cas de sérieusement secouer le marché PC avec une arrivée qui pourrait même enclencher une guerre des prix et une diversification de l’offre, Qualcomm ne régnant plus en seul maître sur l’écosystème Windows on ARM.
Si Nvidia parvient à aligner performances, autonomie et compatibilité logicielle, ses puces pourraient redessiner une partie du paysage PC en offrant une alternative axée sur l’intégration CPU‑GPU-NPU et les capacités d’accélération pour l’IA.
Mais cette arrivée pourrait aussi très fortement impacter l’avenir de Windows si Nvidia se retrouvait, comme Qualcomm, partenaire de lancement des Android PC de Google.
Une chose est sûre, 2026 ne va pas être un long fleuve tranquille pour les PC entre la réinvention de Windows 11 en « OS IA natif », la concurrence sur les puces ARM, l’arrivée des Android PC et la terrible pénurie de puces mémoires qui nous promet déjà une inflation des prix !





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