Pendant longtemps, le rôle du directeur des systèmes d’information (DSI) consistait à veiller au bon fonctionnement de la technologie, voire à réduire les coûts. À l’ère du Big Data, des applis et du Cloud, le DSI moderne doit accompagner son entreprise, faire preuve d’innovation et se concentrer sur de nouvelles stratégies technologiques dans l’optique de mieux engager les clients et de générer davantage de recettes.

Si le rôle du DSI a évolué, c’est parce que la technologie a changé. Par le passé, la technologie métier était synonyme de déploiements de grande envergure sur le long terme. Autrement dit, le rythme de l’évolution technologique était extrêmement lent. La montée en puissance de la mobilité, du cloud et du Big Data a changé la donne. Les entreprises doivent à tout prix innover sur le plan technologique, ne serait-ce que pour rester dans la course. Les DSI qui veulent vraiment réussir doivent être en permanence à l’affût des futurs développements et changements de rythme, mais également être en mesure de les répercuter sur l’ensemble de l’entreprise. Pour ces différentes raisons, le rôle du DSI consiste désormais à définir une stratégie technologique permettant de déployer une stratégie métier, ainsi qu’à comprendre comment le changement technologique sera bénéfique pour l’entreprise non seulement aujourd’hui, mais également demain.

Une récente étude menée par Harvey Nash/KPMG auprès de 3 352 DSI et leaders technologiques souligne cette évolution, révélant, par exemple, que plus de la moitié des chefs d’entreprise demandent à leur DSI de se concentrer sur des projets générateurs de recettes plutôt que de faire des économies sur la technologie. Les CEO comme les conseils d’administration ont compris que l’utilisation d’une technologie de haute performance est la clé de la compétitivité et que, faute d’être à la pointe de la technologie, ils se feront distancer par des concurrents plus véloces, plus agiles et plus portés sur l’innovation.

Selon cette enquête, 63 % des DSI estiment que leur priorité consiste à « faire gagner de l’argent » à leur entreprise, alors que 37 % considèrent que réaliser des économies demeure le volet le plus important de leur fonction.
Les entreprises qui emploient des outils traditionnels tels que des progiciels de gestion intégrés (ERP) ou des logiciels de gestion de base de données (SGBD) constatent également qu’elles doivent les compléter en leur adjoignant des solutions autonomes innovantes. Les DSI les plus pointus savent qu’une mutation est en cours, incarnée par le passage d’un ERP sur site lié par contrat vers une solution nettement plus agile, l’informatique hybride.

Avec l’informatique hybride, les DSI savent qu’ils ne vont pas jeter le bébé avec l’eau du bain ; au contraire, ils conservent les investissements consacrés à leur ERP et les associent aux meilleurs logiciels cloud et SaaS disponibles auprès d’entreprises plus modestes, en croissance rapide et davantage tournées vers l’innovation.

Le message que les DSI reçoivent est le suivant : leur environnement s’éloigne d’une évolution inéluctable, où les logiciels d’entreprise sont mis à niveau après quelques années et l’entreprise est pieds et poings liés par des contrats de maintenance onéreux qui assurent une simple assistance technique. A contrario, ils sont encouragés à adopter une stratégie axée sur l’agilité et l’innovation qui libère les ressources — employés, temps et argent —, ce qui leur permet de se concentrer pleinement sur la satisfaction des besoins de leur entreprise, ainsi que d’investir selon des méthodes qui créent de la valeur.

En dégageant les sommes jusqu’alors été utilisées pour la maintenance des progiciels de gestion intégrés et en mettant en œuvre une stratégie d’agilité et d’innovation, les DSI peuvent davantage s’appuyer sur la technologie pour générer des flux de revenus supplémentaires pour leur entreprise, contribuer à sa croissance et asseoir sa compétitivité. Le rôle du DSI en tant que contrôleur de coûts est bel et bien révolu. Désormais, le DSI est au cœur de l’innovation. Vive le DSI !

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Andrew Powell est directeur général de Rimini Street pour l’Asie-Pacifique et le Moyen-Orient