Microsoft annonce sa « Wave 3 » d’innovations IA au cœur de la suite collaborative. Avec un maître mot : l’agentique. L’IA dans Microsoft 365 passe en mode pilotage et actions. Et la nouveauté phare se nomme « Copilot Cowork », un portage direct de Claude Cowork d’Anthropic au cœur du cloud Microsoft 365.

En janvier 2026, Anthropic lançait Claude Cowork en research preview, d’abord pour ses abonnés Max, puis rapidement étendu à l’ensemble des plans payants. Le concept est simple mais radical : au lieu de se contenter de répondre à des prompts, Claude accède directement au système de fichiers de l’utilisateur, planifie des tâches complexes, les décompose en sous-étapes et les exécute de façon autonome. L’utilisateur décrit un objectif, s’éloigne, et retrouve un travail terminé, documents formatés, fichiers organisés, recherches synthétisées.

Construit sur la même architecture agentique que Claude Code, l’outil de développement et d’ingénierie logicielle ultra médiatisé qui a connu une adoption plus que massive en 2025, Cowork en étend la portée à tous les travailleurs du savoir. L’ajout de connecteurs (Google Drive, Gmail, DocuSign, FactSet) et de plugins personnalisables par domaine métier (finance, RH, ingénierie) a amplifié l’impact. L’annonce de Claude Cowork a même fait trembler Wall Street : les actions de Salesforce, ServiceNow, Thomson Reuters et Intuit ont plongé, les investisseurs anticipant une disruption majeure du modèle SaaS traditionnel.

Mais Claude Cowork présente une caractéristique structurante : il s’exécute localement, sur la machine de l’utilisateur. C’est une force pour la flexibilité et le contrôle individuel, mais une limite pour les entreprises qui exigent gouvernance centralisée, conformité et auditabilité des actions IA.

Copilot Cowork : Claude Cowork en version entreprise et cloud

C’est exactement ce verrou que Copilot Cowork vient lever. Annoncé le 9 mars dans le cadre de la Wave 3 de Microsoft 365 Copilot, ce nouvel agent reprend la technologie agentique d’Anthropic (qui a collaboré étroitement avec Microsoft) mais l’intègre au cœur même de l’infrastructure cloud de Microsoft 365.

La différence fondamentale ? Copilot Cowork ne tourne pas en local mais dans le tenant Microsoft 365 du client, sous le parapluie complet de l’Enterprise Data Protection.

Concrètement, Copilot Cowork peut décomposer une requête complexe en étapes, raisonner à travers différents outils et fichiers, et poursuivre l’exécution sur des minutes, voire des heures, tout en rendant sa progression visible et pilotable. L’utilisateur peut intervenir à tout moment pour réorienter le travail, valider une étape ou stopper le processus. Les documents produits sont immédiatement intégrés dans l’écosystème Microsoft 365, protégés, partageables et gouvernés.

Comme l’explique Jared Spataro, responsable produit chez Microsoft : le fait de fonctionner exclusivement dans le cloud, et non en local, constitue un avantage délibéré. L’entreprise sait exactement à quelles informations l’agent a accès, et les contrôles d’identité, de permissions et de conformité s’appliquent automatiquement à toutes les actions effectuées par le système.

Un moteur d’intelligence sous-jacent : Work IQ

L’autre grande distinction – tout aussi fondamentale – entre Copilot Cowork et son homologue d’Anthropic, c’est l’accès au graphe complet des données de travail de l’utilisateur via ce que Microsoft appelle « Work IQ ». Là où Claude Cowork ne voit que les fichiers d’un dossier local, Copilot Cowork puise dans les fils de discussion Outlook, les emails, les conversations Teams, l’historique de calendrier, les fichiers SharePoint, les classeurs Excel et les relations entre ces éléments. C’est cette couche d’intelligence contextuelle qui permet à l’agent de comprendre non seulement le contenu, mais aussi le contexte de travail : avec qui l’utilisateur collabore, sur quels sujets, selon quelles dynamiques.

Déjà des cas d’usage concrets ?

Microsoft met en avant plusieurs scénarios déjà testés en preview restreinte. La préparation de réunion client est l’exemple phare : l’utilisateur demande à Copilot Cowork de préparer un rendez-vous, et l’agent orchestre l’ensemble du workflow : assemblage de la présentation, extraction des données financières, envoi d’e-mails à l’équipe, planification du créneau de préparation. Le tout en puisant dans les mails, les fichiers et les réunions précédentes pour générer des briefings contextualisés.

Le triage de calendrier constitue un autre cas d’usage notable : l’agent analyse le planning Outlook de l’utilisateur, identifie les conflits d’agenda et les réunions à faible valeur ajoutée, et propose des réorganisations.

La recherche d’entreprise est également au programme : Copilot Cowork peut compiler rapports de résultats, filings réglementaires, commentaires d’analystes et couverture presse, puis organiser l’ensemble en résumé exécutif, mémo de recherche et classeur Excel de données de support.

Enfin, le lancement de produit peut être assisté de bout en bout : veille concurrentielle, génération de pitch decks clients, élaboration de jalons de lancement avec attribution des responsabilités.

Dans chaque cas, Copilot Cowork opère de façon transparente et auditable, et les livrables sont directement sauvegardés dans Microsoft 365.

Copilot Cowork s’adresse aux organisations déjà investies dans Microsoft 365 qui veulent des capacités agentiques sans quitter leur périmètre de gouvernance et tout piloter au travers d’Agent 365 le poste de pilotage agentique présenté à Microsoft Ignite 2025. Le cloud, les contrôles d’identité, l’intégration native avec le graphe de données Microsoft et l’auditabilité systématique répondent aux exigences des DSI et des RSSI.

Copilot Cowork est actuellement en research preview auprès d’un nombre limité de clients et sera accessible via le programme Frontier de Microsoft dans le courant du mois de mars. Une fois réellement disponible, Microsoft indique qu’un certain volume d’utilisation sera inclus dans la licence Microsoft 365 Copilot à 30 dollars par utilisateur et par mois, avec la possibilité d’acquérir de la capacité supplémentaire. L’éditeur n’a pas évoqué de disponibilité pour les versions familiales et personnelles de Microsoft 365.

 

À lire également :

Claude Code, Cowork, panique boursière : la semaine agitée d’Anthropic

Claude Cowork, l’IA qui fait plein de choses pour vous, y compris ranger le bureau…

Claude Sonnet 4.6 : le modèle intermédiaire qui joue dans la cour des grands

GPT-5.3-Codex / Claude Opus 4.6 : Les nouveaux modèles frontières 2026 sont arrivés