Après la pause estivale, Guy Hervier est de retour avec son émission l’invité de la semaine. Et cette nouvelle saison démarre sur un thème récurrent depuis le début de l’année, l’autonomie numérique de l’Europe et le besoin d’alternatives souveraines à VMware. Son premier invité n’est autre que Olivier Lambert, le PDG de VATES, cet éditeur Français d’une solution de virtualisation en open source vers qui tous les regards des DSI se tournent désormais, par curiosité ou par intérêt.
Peu connue du grand public, VATES est une scale-up française née il y a plus de 10 ans sur les ruines de XenServer de Citrix et dont la solution de virtualisation en open source connaît un gros coup de projecteur par la combinaison de deux facteurs : l’explosion des tarifs de VMware by Broadcom qui encourage les DSI a cherché des alternatives et l’arrivée de Donald Trump qui pousse les entreprises européennes à retrouver de l’autonomie numérique en privilégiant des solutions européennes et open source.
Et l’éditeur compte bien surfer sur cette double vague favorable avec opportunisme. Riche désormais de plus de 90 collaborateurs, le petit poucet de la virtualisation compte conquérir une part significative du marché d’ici 2030, en misant sur l’ouverture, la performance et la simplicité d’usage de son combo « XCP-ng + Xen Orchestra ».
Alors que l’entreprise a récemment lancé la version LTS 8.3 de XCP-ng et la version 5.110 de Xen Orchestra, son PDG, Olivier Lambert, est l’invité de Guy Hervier en cette rentrée 2025 qui marque une nouvelle saison de notre émission « L’invité de la semaine ».
Ensemble, ils reviennent sur le parcours de VATES, les évolutions du marché et des attentes des DSI ainsi que les perspectives à venir pour l’offre de l’éditeur à une époque où les entreprises adoptent de plus en plus les containers et où certaines considèrent déjà les VM comme une dette technique.
L’effet Broadcom : une opportunité historique
Durant cet entretien, Olivier Lambert revient sur le parcours singulier de VATES qui a opéré un pivot stratégique en 2014-2015, passant d’intégrateur à éditeur de logiciels. Mais c’est surtout l’acquisition de VMware par Broadcom qui a changé la donne : « 100% de nos clients viennent de VMware« , affirme le dirigeant qui évoque « un effet de trahison » chez des utilisateurs ayant « 20 ou 25 ans d’expertise » sur VMware. Il compare même la situation aux « phases du deuil psychologique » avec « du déni, de la colère » chez les professionnels techniques.
L’impact économique est spectaculaire : « On divise au moins par 10 » les coûts entre le nouveau VMware de Broadcom et les solutions VATES, permettant parfois un retour sur investissement en seulement 6 mois.
Une stratégie européenne dans un contexte géopolitique tendu
Face aux menaces de Donald Trump sur la régulation des entreprises tech américaines, notre invité plaide pour la souveraineté technologique : « L’idée d’être un peu plus autonome sur ces outils numériques devient de plus en plus cruciale. » Il défend une approche en trois piliers : au-delà de la régulation, il faut « remplacer les outils technologiques par des outils européens » et développer « l’expertise technologique sur notre territoire européen« .
La philosophie 100% open source de VATES offre des garanties : « Ça assure que même en cas de disparition de l’entreprise, le code ne disparaît pas » et constitue « une protection contre le rachat« . L’entreprise investit massivement pour devenir « les contributeurs principaux » du projet Xen, cœur de leur solution.
Des ambitions assumées pour 2030
L’objectif est clair : « Avoir 10 à 15% de ce marché, laissé par Broadcom » d’ici 2030. Une ambition qui s’appuie sur une croissance impressionnante avec « 50% de notre chiffre d’affaires rien qu’aux États-Unis » et des références comme Harman (filiale de Samsung) qui migre « des milliers de machines« .
Pour accompagner cette croissance, VATES prépare une levée de fonds car « c’est un petit peu le moment ou jamais, le marché qui s’ouvre, le potentiel il est gigantesque. »
Face aux questions sur l’avenir de la virtualisation, Olivier Lambert reste confiant : « Les containers sont à plus de 90% dans des machines virtuelles. » Ces technologies sont « complémentaires » plutôt qu’opposées. « On se rend compte que c’était une technologie qu’on avait oubliée et pourtant qu’il faut savoir maîtriser parce qu’elle est fondamentale« , conclut-il.