Au CES 2026, la pénurie DRAM/NAND tire les PC vers le premium mais freine l’innovation, tandis que le label « Copilot+ » s’impose partout, déjà. Heureusement, certains constructeurs continuent d’expérimenter des choses un hors-normes et d’explorer de nouveaux territoires. En la matière HP, Lenovo et Asus ont clairement joué le jeu. Retour sur les PC les plus surprenants et les plus désirables de cette édition 2026 du CES de Las Vegas.

Etrange CES que cette édition 2026 côté PC. On s’attendait à une déferlante d’Android PC, de mini PCs, de form-factors plus délirants les uns que les autres, à un renouveau des « All-in-One » et à plein de trouvailles ergonomiques dopées à l’IA.

Mais au final, on n’a pas vraiment eu droit au feu d’artifice espéré. D’un côté, le projet Android PC et son système « Aluminium OS » semble encore loin de se concrétiser. Google et ses partenaires n’ont donc pas profité du CES 2026 pour dévoiler ce projet attendu.
De l’autre, les constructeurs semblent tendus et donc pas trop dans l’innovation exploratoire en cette année 2026 qui s’annonce très compliquée avec une dramatique pénurie mémoire (depuis des mois, les chaînes de fabrication ne produisent plus que des puces HBM pour les datacenters de l’IA au détriment du marché des puces DRAM et NAND). On nous promet plutôt une augmentation des prix et une focalisation sur les modèles « premium » et le marché des PC d’entreprise.

Pourtant, l’innovation n’a pas totalement détourné son regard de l’univers PC. Ce CES 2026 avait aussi son lot de bonnes surprises et d’audace souvent signées par les acteurs leaders du marché. Et, ce CES 2026 a aussi démontré ce que nous anticipions il y a déjà deux ans : en 2026 (et au-delà), tous les PC sont des Copilot+ PC !

Voici un tour d’horizon des PC qui ont marqué cette édition 2026 du CES de Las Vegas !

Le PC le plus original et rétro

HP EliteBoard G1a

Séquence hommage… Hommage aux premiers de la micro-informatique, à l’ère des Commodore 64, Sinclair Spectrum et QL, Atari ST, Amiga… Une ère où le « PC » avait toute son électronique embarqué dans le clavier. HP crée la grande surprise de ce CES et ressuscite ce concept quelque peu oublié (même si Raspberry l’a renouvelé avec ses Pi 400 et Pi 500+ ces dernières années). Le HP EliteBoard G1a est un PC complet dissimulé dans un clavier, pensé pour les bureaux hybrides, les espaces partagés et les postes fixes sans tour ni docking.
Sous les touches, on retrouve une plateforme “Next Gen AI PC” animée par des processeurs AMD Ryzen AI 300 (jusqu’à 50 TOPS côté NPU), avec des configurations qui montent à 64 Go de RAM et 2 To de SSD.
Le concept est pragmatique : on branche un écran et une souris, et l’on obtient un poste Windows complet, tout en gardant l’électronique accessible pour la maintenance (mémoire, stockage, réseau) grâce à un démontage rapide et facile.
HP mise aussi sur un câblage propre, via deux ports USB-C dont un compatible USB4, complétés par un dongle HDMI côté écran qui centralise vidéo, alimentation et Ethernet pour limiter la “forêt” de câbles sur le bureau.
L’EliteBoard G1a peut en outre intégrer une batterie optionnelle (32 Wh) davantage conçue comme une alimentation de secours pour déplacer le poste d’une salle à l’autre sans coupure que comme un véritable PC nomade.
HP n’a pas encore communiqué de prix ni de disponibilité, mais le constructeur semble vouloir très sérieusement poussé ce nouveau format nomade “PC invisible” qui répond à des nouveaux cas d’usage dans les environnements professionnels. Il a même reçu un « Innovation Award 2026 » des mains des organisateurs du CES ! Nous on est carrément très fans !

Le PC le plus « mimi »

Lenovo « Yoga Mini i »

Avec le Yoga Mini i, Lenovo s’attaque à la monotonie des mini-PC cubiques en optant pour un châssis cylindrique façon palet, conçu pour disparaître sur un bureau et servir de base à une installation PC minimaliste. Derrière cette silhouette très compacte (format « 1 litre »), la marque annonce une plateforme Intel Core Ultra de génération “Series 3 / Panther Lake” qui vise un bon niveau de réactivité pour un usage quotidien, y compris sur des scénarios dopés à l’IA côté Windows. La configuration grimpe jusqu’à 32 Go de LPDDR5x à 8533 MT/s et 2 To de SSD M.2 PCIe 4.0 NVMe, de quoi tenir des workflows bureautiques costauds, un peu de création et plusieurs environnements applicatifs sans saturer.
Lenovo soigne aussi la connectique, souvent le talon d’Achille des machines minuscules : double Thunderbolt 4, ports USB-C supplémentaires, USB-A, HDMI 2.1 et Ethernet 2,5 Gb/s, avec la promesse de piloter jusqu’à quatre écrans selon les configurations.
Le constructeur ajoute des fonctions “expérience” plus rares sur ce segment, comme des effets lumineux et des options de détection de présence (via analyse des signaux Wi-Fi, selon les présentations). Côté calendrier, le Yoga Mini i est annoncé pour juin 2026 avec un prix de départ autour de 699 dollars. Il se positionne comme une alternative compacte aux desktops traditionnels… sans sacrifier l’essentiel.

Le « All-In-One » le plus lumineux

Lenovo Yoga AIO i Aura Edition

Le format All-In-One pourtant très populaire dans les entreprises, les salles d’accueil, les hôtels, n’ont plus vraiment le vent en poupe. Et les modèles se font rares (certes un peu moins rares qu’au CES 2025)  alors que des puces comme les Intel Core Ultra 3 ou les AMD Ryzen AI 400 ont toutes les qualités pour en faire de fantastiques machines.
Mais le seul a avoir vraiment tenté quelque chose sur ce CES n’est autre que Lenovo. Le constructeur veut redonner du panache au tout-en-un en le traitant comme un objet de studio, pas comme un “PC de salon” utilitaire. La signature de son nouveau Yoga AIO i Aura Edition, c’est cette barre lumineuse transparente sous l’écran, qui dissimule le pied réglable et crée un effet d’écran “en lévitation” sur le bureau. Lenovo ne la cantonne pas au décor : l’éclairage adaptatif peut se synchroniser au contenu vidéo (un peu à la manière des TV « ambilight » de Philips), mais aussi signaler des notifications et des messages, avec des réglages entièrement personnalisables.
L’écran se veut premium et orienté créateurs : c’est une dalle OLED de 32 pouces en 4K (3840 x 2160) avec un taux de rafraîchissement de 165 Hz, rare sur un AIO.
Sous le capot, Lenovo annonce les derniers Intel Core Ultra Series 3, jusqu’aux variantes Core Ultra X7, pour soutenir des charges de création et des usages IA “Copilot+ PC”.  Les configurations montent à 32 Go de LPDDR5x (jusqu’à 9600 MT/s selon les fiches techniques relayées) et 2 To de SSD NVMe PCIe 4.0, de quoi éviter que le design ne masque une machine sous-dimensionnée.
L’ensemble soigne aussi l’expérience : audio Harman Kardon compatible Dolby Atmos, et webcam 16 MP avec obturateur électronique et authentification faciale Windows Hello. Côté connectique, on y retrouve des ports Thunderbolt 4 et du HDMI 2.1, pour brancher périphériques et sources sans trop de contorsions malgré le format AIO. La disponibilité est annoncée au deuxième trimestre 2026, pour un tarif de départ communiqué autour de 2 399,99 dollars.

Le PC le plus élastique

Lenovo ThinkPad Rollable XD

Au CES 2026, Lenovo a remis sur le devant de la scène son concept ThinkPad Rollable lancé l’an dernier avec une nouvelle itération plus aboutie de sa vision du PC à écran “extensible”. Le principe : une dalle OLED enroulable qui se déploie verticalement, mais aussi un panneau qui « fait le tour » du haut du capot sur 180°, comme un ruban qui s’étire à la demande.
En mode fermé, l’ordinateur reste exploitable : une partie de l’écran reste visible à l’arrière du capot et peut afficher des widgets et informations de contexte (météo, notifications, diagnostics), avec une zone tactile pensée pour des interactions rapides notamment quand le PC reste gentiment fermé.
Une fois déployé, le Rollable XD passe d’un format compact (13,3 pouces) à près de 16 pouces au format vertical, ce qui change concrètement la donne sur des usages pro comme la rédaction, l’analyse, le pilotage de tableaux de bord ou le travail en split-screen.
Lenovo ajoute une dimension “showcase” assumée : une protection transparente en Corning Gorilla Glass Victus 2 laisse entrevoir moteurs et poulies, et transforme le mécanisme en élément de design autant qu’en contrainte d’ingénierie. Reste à voir si ce côté « voyeur » subsistera sur les versions finales.
Côté ergonomie, la marque met en avant des gestes tactiles « Swipe to X » et des commandes vocales pour lancer des applis, basculer de mode et exploiter la surface d’affichage sans multiplier les manipulations. Le constructeur y greffe, sans surprise, un vernis IA : traduction en direct, assistant vocal, interactions multimodales et usages “capot fermé”, un champ d’expérimentation qui finalement colle plutôt bien aux scénarios de travail hybrides et aux postes de démonstration.
Aucune fiche technique finale ni calendrier n’est acté pour ce Rollable XD, mais le niveau de finition observé au CES alimente l’idée d’une industrialisation possible, à terme, au-delà du simple prototype.  Et Lenovo complète le tableau avec Qira, un agent IA multi-appareils censé permettre de poursuivre une tâche d’un terminal à l’autre, comme si le “rollable” n’était qu’une brique d’une expérience utilisateur plus continue et plus contextuelle.

 

Le PC le plus léger

Lenovo Yoga Slim 7i Ultra Aura Edition

975 g pour 13,9 mm d’épaisseur ! Ce Yoga Slim 7i Ultra « Aura Edition » est sans aucun doute le PC 14 pouces le plus fin et le plus léger que vous ayez jamais tenu en main ! Il est vraiment incroyable d’autant qu’il ne donne absolument pas l’impression d’être fragile et précieux. Son châssis en alliage de magnésium contribue beaucoup à ce sentiment. Et pour combiner un grand écran 14 pouces de 2,8K (2880×1800 pixels) avec une légèreté extrême, Lenovo a innové en adoptant une dalle POLED à 120 Hz, une dalle OLED “plastique” flexible qui concilie finesse extrême, contraste et fluidité.
Et ce n’est pas tout. Car la machine ne néglige pas la performance. Lenovo la décline jusqu’au Core Ultra X9 388H avec son iGPU Intel Arc B390 digne des machines de Gaming mais qui répond aussi aux besoins ponctuels d’accélération IA, là où le NPU 50 TOPS embarqué répond aux usages IA du quotidien. Côté configurations, le constructeur annonce jusqu’à 32 Go de LPDDR5x-9600 et jusqu’à 2 To de SSD NVMe PCIe 4.0, de quoi viser aussi bien la production de contenus que des workloads IA locaux raisonnables.
Le plus étonnant ? Cette légèreté ne signifie pas une perte d’autonomie ! La machine embarque une batterie 75 Wh avec une promesse de 22 heures de liberté en vidéo. La connectique en revanche se résume à trois ports Thunderbolt 4 (format USB-C) et il faudra y adjoindre un Hub pour récupérer Ethernet, HDMI et lecteur de cartes. Mais Wi-Fi 7 et Bluetooth 5.4 sont bien intégrés en standard. Le prix de départ annoncé tourne autour de 1 499,99 $ et la fenêtre de lancement se situe au deuxième trimestre 2026.
Par ailleurs, Lenovo va désormais décliner ce modèle en AMD (Yoga Slim 7a) et en Snapdragon X2 Plus (Yoga Slim 7x)

 

Le PC le plus seducteur

Asus Zenbook A16

L’an dernier, Asus avait fait l’unanimité avec son Copilot+ PC en puces Qualcomm, le Zenbook A14. Cette année, le constructeur en propose une version plus grande, plus puissante, plus autonome mais toujours aussi sexy avec son Zenbook A16 (2026). Le constructeur annonce un châssis de 1,2 kg, construit autour de son “céraluminium”, et une promesse d’autonomie qui dépasse les 21 heures en usage vidéo, portée par une batterie de 70 Wh. C’est surprenant pour une machine qui est quand même dotée d’un écran 16 pouces (une dalle OLED 3K) !
Au cœur de la machine, Asus bascule sur la nouvelle plateforme Snapdragon X2 de Qualcomm avec notamment une déclinaison “Elite Extreme” avec ses 18 cœurs, son iGPU de gaming et un NPU annoncé à 80 TOPS.
Ce Zenbook A16 s’inscrit dans le mouvement “Windows on Snapdragon” que Microsoft pousse très ouvertment sur 2026, Asus ayant confirmé des Zenbook A14/A16 livrés avec la branche Windows 11 “26H1” et des modèles déclinés en Snapdragon X2 Plus, Elite et Elite Extreme. Des machines que l’on voit déjà promise à un franc succès.