IBM empile les signaux verts : watsonx, Red Hat, automation… et un z17 qui remet le mainframe au centre des workloads d’inférence. Le twist, c’est l’autre face du momentum : une réorganisation qui passe aussi par des licenciements en Europe.
Dans un début d’année 2026 où l’économie mondiale avance sur une ligne de crête, entre désinflation progressive et incertitudes géopolitiques, les grands groupes IT continuent d’être jugés sur deux critères simples par les marchés : la capacité à capter la vague IA sans brûler du cash, et la solidité d’exécution dans un environnement où les DSI arbitrent encore finement les dépenses. Et sur ces deux critères, IBM a plutôt bien réussi son année 2025. Au point que le cours de son action à Wall Street a affiché l’an dernier une progression de près de 35%, surpassant largement la performance moyenne du S&P 500.
Une dynamique positive qui se retrouve dans les résultats financiers du quatrième trimestre 2025 qui clôt une très bonne année et un IBM solidement de retour sur les chemins du succès.
Au dernier trimestre, le groupe a enregistré un chiffre d’affaires de 19,7 milliards de dollars, en hausse de 12 % par rapport à l’année précédente. La marge brute GAAP s’établit à 60,6 %, en progression de 110 points pour une marge nette de 5,6 milliards de dollars.
Dans le détail, le pôle « Software » (porté par Red Hat, dont les revenus sont en croissance de 10%) affiche un chiffre d’affaires trimestriel de 9 milliards de dollars, en croissance de 14 %, boosté par les solutions « Automation » et « Data/IA » (+22%).
Le segment « Consulting » génère 5,3 milliards de dollars de CA trimestriel en progression plus modeste de 3 %.
Mais c’est le segment « Infrastructure » qui vole la vedette avec 5,1 milliards de dollars de revenus et une croissance notable de 21 %.
Increvable mainframe…
La performance de ce segment « Infrastructure » tient essentiellement au succès des mainframes dont la gamme a été renouvelée l’an dernier avec le Z17. Le segment explose littéralement avec une hausse de 67 %. Capable de réaliser plus de 450 milliards d’opérations d’inférence par jour avec un temps de réponse inférieur à la milliseconde, le z17 répond parfaitement aux besoins des secteurs financiers et bancaires pour la détection de fraude en temps réel.
Le cycle de mise à niveau vers le z17 génère traditionnellement plusieurs trimestres de forte croissance pour cette activité. Le prédécesseur, le z16, avait déjà établi un record historique avec une croissance des revenus de 120 % sur trois ans. IBM capitalise ainsi sur la pertinence renouvelée de ses systèmes centraux dans un environnement de plus en plus dominé par le cloud hybride et les exigences de transformation numérique.
« Au quatrième trimestre, nous avons réalisé une forte croissance du chiffre d’affaires, avec une performance à deux chiffres de notre division Software. De plus, l’Infrastructure a poursuivi sa croissance à deux chiffres grâce à l’adoption robuste de la nouvelle génération de notre plateforme mainframe », résume Arvind Krishna, président-directeur général d’IBM.
L’IA générative comme relais de croissance
Au-delà du mainframe, IBM mise massivement sur l’intelligence artificielle générative. Le carnet de commandes IA de l’entreprise dépasse désormais 12,5 milliards de dollars, contre 5 milliards fin 2024 et 9,5 milliards au troisième trimestre 2025. Selon IBM, cette progression illustre bien l’appétit des entreprises pour les solutions watsonx et les services de conseil en data et en IA associés.
Une année 2025 record
Sur l’ensemble de l’exercice 2025, IBM a généré un chiffre d’affaires de 67,5 milliards de dollars, en progression de 8 %. La marge brute GAAP s’établit à 58,2 %, gagnant 150 points de base. Le résultat net atteint ainsi 10,6 milliards de dollars.
La génération de trésorerie constitue un autre satisfecit pour le groupe. Le flux de trésorerie libre s’élève à 14,7 milliards de dollars, en hausse de 2 milliards par rapport à 2024.
« L’année 2025 a mis en lumière la durabilité, la résilience et la différenciation d’IBM. Notre mix de portefeuille, notre valeur intégrée et notre innovation rapide ont généré une croissance plus élevée des revenus ainsi qu’une croissance à deux chiffres des bénéfices et du flux de trésorerie libre », souligne James Kavanaugh, directeur financier d’IBM.
Perspectives 2026 : maintenir l’élan… et des licenciements
Reste la question que tout le marché se pose pour 2026 : cette accélération est-elle un pic conjoncturel lié au cycle Z, ou le signe d’une ré-accélération structurelle grâce au logiciel et à l’IA ?
« Nous entrons en 2026 avec un élan et une position de force, ce qui nous donne confiance dans nos attentes pour l’année complète », avoue Arvind Krishna.
Le groupe table sur une croissance du chiffre d’affaires supérieure à 5 % à taux de change constant sur l’ensemble de l’année. Le flux de trésorerie libre devrait progresser d’environ 1 milliard de dollars par rapport à 2025.
Mais toutes ces bonnes nouvelles ne suffisent pas à faire oublier les dures réalités du marché. Le groupe annonce son intention de réduire la voilure en Europe et envisage de se séparer d’environ 10% de ses effectifs sur le vieux continent. En France, cette restructuration devrait se traduire par la fermeture d’environ 300 postes dans un marché de l’emploi qui commence à faire grise mine même dans l’informatique !





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