A écouter les analystes, la mobilité, avec le cloud et le big data, est aujourd’hui l’alpha et l’omega de l’économie numérique. L’Idate envisage déjà l’après avec l’avènement d’une nouvelle génération de services Internet hyper-personnalisés.

C’est le tableau que brosse l’IDATE DigiWorld dans la nouvelle édition de son rapport annuel DigiWorld Yearbook, qui détaille les tendances à suivre pour la prochaine décennie.

En dépit d’un contexte de saturation relative, comme l’indique par exemple le ralentissement observé récemment des ventes de smartphones, L’IDATE DigiWorld annonce le retour d’une croissance modeste pour les opérateurs de services télécoms et les groupes de médias numériques en Europe pour les prochaines années, et des taux de croissance plus élevés en Chine, en Inde et en Afrique, porteurs d’un nouveau cycle de consolidation au niveau mondial.

« Pour la première fois depuis 2008, et malgré les incertitudes qui pèsent sur la poursuite de la consolidation, le secteur des services de télécommunications en Europe pourrait afficher des revenus en hausse« , remarque Yves Gassot, Directeur général de IDATE DigiWorld. » Pendant ce temps, les services internet connaissent toujours des taux de croissance annuels à deux chiffres de plus de 15%.

Le rapport couvre le vaste champ de l’économie numérique, du ralentissement des ventes de tablettes à la généralisation des smartphones à bas prix en passant par la croissance soutenue de l’Internet des Objets (loT), les avancées de l’intelligence artificielle (IA) et de la réalité virtuelle (VR). A l’instar de nombre de cabinets spécialisés, le think tank attire l’attention sur l’augmentation des cyber-attaques auxquelles doivent faire face les entreprises devenues numériques ainsi que sur la question de confiance posée par les consommateurs sur la sécurité de l’IoT, projets de voitures connectées ou maisons intelligentes.

L’Institut s’interroge sur les conditions de la poursuite de la consolidation des télécoms en Europe, qui semble marquer le pas, et sur le sens des opérations de fusions croisées qui concernent les réseaux, les technologies, la télévision et les médias mais aussi les transports et de nombreux autres secteurs industriels. C’est bien sur le cas de Google et Apple, qui poussent leurs avantages dans l’industrie automobile, ou des majors des télécoms et des technologies, qui se renforcent dans les contenus : services de télévision ou de streaming de films et de musique. A ce propos, l’Idate fait remarquer que c’est surtout l’Amérique (Les Etats-Unis) et l’Asie qui tirent parti de la dynamique du numérique avec une Europe qui, à l’instar de son économie globale, est un peu à la traine.

De la propriété à l’usage, du CAPEX vers l’OPEX

Le rapport de l’Idate note la montée en puissance de l’économie collaborative qui va (lire aussi L’Europe se penche sur l’économie collaborative) qui va entraîner un basculement progressif de la propriété à l’usage dans de nombreux domaines comme par exemple le partage de voiture via une application ou les services de streaming en VOD ou SVOD de musique ou de vidéos qui remplacent les CD, les DVD et le téléchargement.

Par ailleurs, ce mouvement vers toujours plus de on demand et de services par abonnement semble d’ores et déjà impacté par l’usage croissant de solutions d’ad-blocking, qui menace de renvoyer au passé l’abondance actuelle des services internet gratuits (de type YouTube).

Le rapport souligne que « le vaste choix de services, désormais commercialisés à un coût unitaire minimal pour une consommation de masse, est à l’origine d’un marché numérique gigantesque, estimé à plus de 2 900 milliards d’euros en 2025, pour les seuls services télécoms et internet, et soutenu par une croissance moyenne de près de 7% par an« .

Parmi les sujets qui ont émergés récemment, le DigiWorld Yearbook décrit également comment les bitcoins, la blockchain, le paiement mobile et le crowdfunding pourraient déstabiliser les services bancaires et financiers, en ouvrant la perspective de se passer d’intermédiaires, comme c’est d’ailleurs déjà le cas dans d’autres secteurs comme le tourisme ou la distribution.

Finalement, on assiste à de nombreux changements, mais les véritables bouleversements sont devant et vont modifier en profondeur notre vie privée et professionnelle. « Nous assistons à une vague d’innovations d’une ampleur sans équivalent, souvent qualifiée de quatrième révolution industrielle, caractérisée par la poursuite de la migration vers le cloud, les perspectives de l’internet des objets, du big data, de l’intelligence artificielle, auxquelles s’ajoutent déjà une nouvelle génération d’innovations disruptives comme la blockchain » souligne François Barrault, Président de IDATE DigiWorld.. » souligne François Barrault, Président de IDATE DigiWorld.

Quatre scénarios pour 2025

Le rapport envisage quatre scénarios pour l’économie numérique en 2025. Le premier dit Open s’appuie sur une forte intensité d’usage des données personnelles et une forte disponibilité d’enablers. Un scénario qui s’inscrit dans les phénomènes d’open innovation et d’open access que l’on connait.

Le scénario « Automated »qui se focalise sur les capacités du numériques à générer de fortes économies, notamment via une plus grande automatisation de services.

Le scénario Mall accentuerait le phénomène actuel des plateformes, ces dernières renforçant le contrôle de leur écosystème. Enfin, le dernier scénario dit Trust est le plus pessimiste car il est largement impacté par la montée de l’insécurité et de la cyber-surveillance nécessitant des surinvestissements pour maintenir la croissance mais réduisant ainsi les marges.

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