Le secteur du numérique est celui qui connaît la croissance la plus rapide. Selon le Syntec Numérique, c’est le marché le moins impacté par la pandémie avec une baisse moyenne de CA de -4,9% en 2020 et une croissance de +1% prévue en 2021. Selon LinkedIn, la crise sanitaire a par ailleurs stimulé la créativité du secteur ainsi que le volume d’offres d’emploi dans le développement de logiciels, l’ingénierie ou encore l’IA.

Dans un contexte économique concurrentiel et dans la course effrénée à l’innovation technologique, les entreprises se livrent à une guerre sans merci pour attirer les talents les plus prometteurs. D’autant plus que la maîtrise d’un ou plusieurs langages de programmation devient une compétence recherchée dans l’industrie informatique, mais pas uniquement. La finance, la logistique, l’automobile, tous ces secteurs courtisent ces profils. Une réelle aubaine pour les futurs candidats.

La pandémie, une opportunité de se former

En décembre 2020, Red Hat a commandé une enquête à YouGov et Kantar Sifo auprès de30.000 personnes en Europe pour savoir comment elles ont utilisé leur temps libre durant les confinements. En France, 6% des répondants se sont formés au développement de logiciels, pour les 18-24 ans ce chiffre passe à 12% et 61% de ces nouveaux développeurs sont issus d’une formation non technique.

Pour ces nouveaux développeurs, les alternatives pour apprendre la programmation sont multiples, avec une multitude de cours en ligne et autres applications. Les communautés Open Source telles que le projet Fedora constituent des ressources utiles pour ces néo-développeurs. De plus, ces communautés et projets Open Source sont composés de profils et de compétences divers. C’est le cas notamment des plateformes Open Source FreewSwing et Ink/Stitch qui proposent respectivement des patrons de couture et la création de motifs de broderie. Nous sommes bien loin des clichés sur les développeurs !

Des digital-natives en manque de savoir-faire technologique

Les jeunes générations ont grandi avec Internet, en particulier la génération Z qui a évolué avec les codes des réseaux sociaux et des smartphones… Cependant, nous constatons que leurs compétences se limitent souvent à un usage pur et simple. Ils savent souvent très bien comment utiliser les applications, mais pas comment les développer, ni comment elles fonctionnent d’un point de vue technologique.

Nous pourrions nous interroger sur les raisons qui poussent à apprendre la programmation dans un monde de plus en plus informatisé. Les ordinateurs ne font-ils pas déjà tout ? Les futures générations auront-elles besoin de savoir comment fonctionne techniquement une application ? Pour ce qui me concerne, la réponse est affirmative. Il est important de comprendre les bases afin de démystifier l’informatique et de gommer la représentation de type « boîte noire ». Or, l’essor du Low / No Code (qui a démarré il y a une dizaine d’années) n’y changera rien. Nous ne sommes qu’au début d’une révolution informatique portée par l’émergence de nouveaux usages qu’il faudra anticiper et auxquels il faudra répondre. Certes nos métiers subiront une transformation mais ils ne disparaîtront pas et ceux qui savent développer comprendront le langage de demain.

De plus, nul besoin de diplômes en informatique pour appréhender le sujet, tout un chacun peut se lancer. Plus tôt les populations sont initiées, mieux nous pourrons déceler et/ou susciter des vocations. Il existe des programmes spécialement conçus pour les enfants et à destination des écoles primaires visant à former aux fondamentaux du développement de logiciels de manière ludique. Red Hat a d’ailleurs lancé son propre projet baptisé Co.Lab en vue d’initier des jeunes filles de 11 à 13 ans aux principes de l’Open Source et d’un univers technologique dans lequel elles n’auraient pas forcément songé à s’impliquer spontanément.

Sur ce point, soulignons la lente “féminisation” de l’industrie de l’informatique. Écoles d’ingénieurs et universités travaillent à attirer plus de profils féminins et à ce titre, mettent en place des initiatives d’inclusion pour leur permettre d’entrer plus aisément sur ce marché.

Apprendre à programmer permet de comprendre comment le monde contemporain fonctionne et de transformer n’importe quelle idée en une réalité. Un seul mot d’ordre : osez !
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Par Sébastien Blanc, Director of Developer Experience, Red Hat