Il s’appelle Tianhe-3 et on commence à avoir une petite idée de son potentiel au travers des publications scientifiques chinoises qui y font référence…

Les Chinois espéraient disposer d’un ordinateur exaflopique dès 2020. Blocus sur les technologies américaines et crise COVID ont mis à mal cette roadmap. Mais le National Supercomputing Center de Guangzhou n’en a pas pour autant abandonné ses plans de constructions de HPC exascale. Le problème, c’est que les Chinois restent très silencieux sur leurs capacités de calcul. La conception du Tianhe-3 a très probablement commencé en 2021 et elle semble désormais avoir atteint sa capacité maximale. C’est en tout cas ce que l’on peut lire entre les lignes des différentes publications de chercheurs chinois qui ont exploité le potentiel de la machine pour leurs recherches scientifiques.

Difficile de dire si le « Tianhe-3 », de son petit nom « Tianhe Xingyi », a – oui ou non – précédé le Frontier de l’ORNL américain qui trône en tête du classement « TOP500.ORG » depuis plus d’un an et est officiellement reconnu comme premier ordinateur exaflopique opérationnel.

Mais il apparaît de différentes publications que le « Tianhe-3 » est probablement le supercalculateur le plus puissant du monde actuellement en service. On rappellera que son prédécesseur, le Tianhe-2, avait dominé le classement TOP500 de 2013 à 2015 avant d’être dépassé par un autre HPC chinois, le Sunway TaihuLight jusqu’en juin 2018 date à laquelle les USA ont officiellement repris la tête du classement avec leur IBM Summit (les Japonais prendront la tête en Juin 2020 avec le Fugaku et la garderont jusqu’à la sortie du Frontier). Sauf que, depuis 2021, la Chine a choisi de ne plus communiquer les performances LINPACK de ses ordinateurs ce qui empêche le classement TOP500.ORG d’y intégrer les nouveaux HPC chinois.

De ce que l’on sait du « Tianhe-3 », c’est qu’il est intégralement construit sur une architecture « maison » à base d’APU MT3000 dont on ne sait rien mais dont on suppose qu’il s’appuie sur une architecture ARM et intègre un étage GPU. Le site TheNextPlatform estime la puissance du Tianhe-3 autour de 1,57 exaflops (avec une mesure « Peak » à 2,05 exaflops) ce qui en ferait une machine significativement plus puissante que le Frontier (performance nominale de 1,2 exaflops et maximale ‘Peak’ de 1,68 exaflops) et alignée sur les performances anticipées des futurs Aurora et ‘El Capitan’ américains (attendus à un Peak supérieur à 2 exaflops).

La chine disposerait également d’un second ordinateur exaflopique, l’« OceanLight » du National Supercomputing Center de Wuxi, successeur du Sunway TaihuLight évoqué plus haut. Selon TheNextPlatform, cet ordinateur serait opérationnel depuis la fin de l’année 2021 et aurait donc été le premier à atteindre l’exascale. Selon « The Next Platform », l’OceanLight afficherait une puissance nominale de 1,22 exaflops avec un ‘Peak’ à 1,5 exaflops. La machine serait animée par des processeurs Sunway SW26010-Pro et comporterait au total plus de 34 millions de cœurs de calcul.

Reste à voir dans quelle mesure la Chine peut aller prochainement encore plus loin dans les performances alors que l’accès aux technologies américaines est désormais totalement bloqué, bien plus que ça n’était le cas en 2021, au moment du début d’assemblage de ces HPC exaflopiques.

 

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